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Casino à Wendake : Labeaume se défend de véhiculer des préjugés

Casino à Wendake : Labeaume se défend de véhiculer des préjugés
Photo Stevens LeBlanc

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Taxé d’ingérence et de «colonialisme» par le Grand Chef Konrad Sioui pour son opposition à tout projet potentiel de casino ou salon de jeux à Wendake, Régis Labeaume s’est défendu, mardi, de véhiculer des préjugés sur les Autochtones.

En mêlée de presse à l’hôtel de ville, le maire de Québec a écrit un nouveau chapitre de la guerre de mots que se livrent les deux hommes par médias interposés depuis lundi. Invité à commenter les plus récentes déclarations du Grand Chef de la Nation huronne-wendat à son endroit, Régis Labeaume a dit qu’il anticipait une telle réaction.  

«C’est correct, je n’ai pas de problème que Konrad dise ça. Je m’attendais à ce genre de réaction-là. C’est une défense automatique; colonialisme; préjugés. Ceci dit, je vais continuer de dire ce que j’ai à dire, à penser ce que je pense, ça fait partie de mes convictions profondes et je pense que je prends mes responsabilités comme maire de Québec. Je pense vraiment que je fais ma job», a-t-il déclaré, tentant ensuite de mettre le couvercle sur la marmite.

«Je n’ai pas le goût de monter le ton parce qu’il y a bien des décennies d’amitié puis de cohabitation, mais on n’est pas obligés d’être d’accord sur tout, on l’a déjà dit... On ne commencera pas à s’insulter, ça ne m’intéresse pas. Je veux juste que ça ne se fasse pas, c’est tout», a-t-il résumé.

Hausse de la criminalité ?

Le maire avait affirmé, lundi, que la région de Québec n’avait pas besoin d’un casino privé «dangereux» et «inutile» qui aurait pour effet, selon lui, de faire augmenter le taux de criminalité. Il disait alors se baser sur l’expérience de villes nord-américaines.  

Un internaute n’a pas manqué d’attirer l’attention du Journal sur le passage suivant d’un rapport pondu par un comité interministériel chargé d’évaluer un projet de relocalisation du Casino de Montréal au Bassin Peel, abandonné en 2006.

«Bien qu’il semble exister dans la population une présomption selon laquelle la présence d’un casino favorise une hausse du taux de criminalité dans les quartiers environnants, les recherches menées dans ce domaine n’offrent pas une réponse aussi catégorique. Les résultats des principales études qui ont tenté d’évaluer l’effet criminogène des casinos sont plutôt inconsistants, pour ne pas dire contradictoires. En somme, l’état actuel des connaissances scientifiques ne permet pas de conclure à un lien de causalité entre la présence d’un casino et une hausse de la criminalité», peut-on lire.

Sur un ton plus léger, le maire a tendu une perche à M. Sioui en prévision de leur prochaine rencontre. «Je m’attendais à ce qu’il paye le lunch, je ne sais pas s’il va vouloir le payer encore ! Konrad, j’espère que tu vas payer le lunch comme tu l’avais dit», a-t-il lancé à la blague.