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Dans le nord-ouest du Pakistan, les écolières ne seront finalement pas obligées de porter le voile

Dans le nord-ouest du Pakistan, les écolières ne seront finalement pas obligées de porter le voile
Photo d'Archives, AFP

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Une circulaire obligeant les écolières à se couvrir d’un voile dans deux grandes villes du nord-ouest du Pakistan a été retirée mardi après un tollé sur les réseaux sociaux, a-t-on appris de source officielle.  

« La directive est retirée », peut-on lire dans un document officiel lu mardi par l’AFP.   

Lundi, des responsables éducatifs des districts de Peshawar, la capitale du Khyber-Pakhtunkhwa (Nord-Ouest), et de Haripur, une autre ville de cette province conservatrice, avaient sommé les élèves d’écoles publiques de porter le voile, l’abaya ou le tchador pour « se protéger de tout accident contraire à l’éthique ».   

Mais la directive, annoncée pour la première fois la semaine dernière, avait été vivement critiquée à l’échelle nationale, notamment sur les réseaux sociaux, de nombreuses voix dénonçant une nouvelle entrave aux droits des femmes dans ce pays musulman profondément patriarcal.   

« C’est donc sur les écolières que pèse le fardeau des comportements contraires à l’éthique et non sur les pervers qui harcèlent les filles, qu’elles soient couvertes ou non », avait tonné une utilisatrice sur Twitter.   

La mesure, même si elle a été retirée, « n’a pas redoré l’image du Pakistan », a observé Tahira Abdullah, une militante pakistanaise des droits des femmes, à l’AFP.   

« Alors que le reste du monde va de l’avant sur l’éducation, la protection et le développement de ses enfants, le Pakistan recule », a-t-elle poursuivi.    

Des habitants de la région défendaient pourtant la circulaire. Siraj-ud-din Khan, un parlementaire régional, a notamment averti que son parti radical, le Jamaat-e-Islami, allait protester et « forcer le gouvernement à faire respecter cet ordre dans toute la province ».   

Jameel Ahmad, un commerçant et Ameen Sadiq, un enseignant, ont également exprimé leur colère face au retrait de la circulaire. Selon l’islam et la tradition tribale de l’ethnie pachtoune, la principale du Nord-Ouest, les femmes doivent être correctement couvertes, ont-ils affirmé.   

Mais Amna Haleem, étudiante en géologie à l’université de Peshawar, a réclamé le droit pour une femme de choisir de se couvrir ou non. « L’État ne devrait pas s’immiscer dans ces questions et les laisser à la discrétion des femmes », a-t-elle déclaré.