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Des jeunes à conquérir

Le cinéma québécois intéresse peu les cégépiens, mais il y a de l’espoir...

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Les chiffres confirment ce dont on se doutait. Les jeunes connaissent très peu le cinéma québécois et plusieurs répugnent à l’idée même d’en regarder. Il y a cependant de l’espoir, observent les professeurs qui ont mené une étude dans un cégep de Québec.

Mais d’abord, les mauvaises nouvelles. À peine 9 % des 424 étudiants du Cégep Garneau qui ont participé à l’étude, dévoilée pendant le Festival de cinéma de la ville de Québec, estiment avoir une bonne connaissance du cinéma québécois.

En revanche, 42 % d’entre eux ne le connaissent pas beaucoup et ne souhaitent même pas en savoir plus.

D’ailleurs, plus d’un cégépien sur deux n’est même pas en mesure de nommer cinq films québécois.

Bref, notre cinéma n’a pas bonne presse auprès des jeunes Québécois.

Selon la professeure de cinéma Marianne Gravel, l’avènement de Netflix n’a rien changé à la perception des jeunes puisque les résultats obtenus ressemblent à ceux d’autres études effectuées dans les années 1980 et 1990.

« L’idée que le cinéma québécois est mauvais était déjà présente. »

Gain d’intérêt

Sauf que tout n’est pas noir. Après avoir vu six films parus entre 1966 et 2014 (Rouli-roulant, Les ordres, Le déclin de l’empire américain, Un 32 août sur Terre, La grande séduction et Mommy), l’intérêt de la plupart des étudiants a augmenté.

« Si on en montre, ils finissent par aimer ça », signale Marianne Gravel.

Sans surprise, Mommy, de Xavier Dolan, a été le plus apprécié alors que Les ordres, Le déclin de l’empire américain et Un 32 août sur Terre ont été très mal reçus.

« Xavier Dolan est un phénomène qui a ouvert beaucoup de portes », estime Mme Gravel.

Mais les jeunes n’iront pas d’eux-mêmes vers le cinéma québécois. Il faudra les conquérir.

Bonne nouvelle, une écrasante majorité d’entre eux sont ouverts à l’idée qu’on leur en présente en classe.

« Ils ont besoin d’accompagnement. Ils veulent être autonomes, mais ça leur prend un cadre », note Christian Poirier, de l’Institut national de la recherche scientifique.

Aller chercher les jeunes, les très jeunes même, constitue d’ailleurs un défi majeur pour Éléphant : mémoire du cinéma québécois, la plateforme de Québecor qui restaure nos vieux films, selon son directeur Dominique Dugas.

« En les exposant le plus tôt à de grands films de notre patrimoine — et Dieu sait qu’il y en a —, on pense former des cinéphiles plus sensibilisés à notre culture. »

► À voir aujourd’hui au FCVQ :

  • Kuessipan, Palais Montcalm, 20 h
  • Daughters of Darkness, ENAP, 21 h 30