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Enfin, ils semblent se faire confiance

Le rapport entre le commissaire de la LNH Gary Bettman et le directeur exécutif de l’Association des joueurs Donald Fehr semble cordial... pour l’instant.
Photo d’archives Le rapport entre le commissaire de la LNH Gary Bettman et le directeur exécutif de l’Association des joueurs Donald Fehr semble cordial... pour l’instant.

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Alléluia ! Il n’y aura pas de conflit de travail dans la Ligue nationale de hockey l’an prochain. Après la ligue au début du mois, l’Association des joueurs a convenu à son tour, hier, de ne pas rouvrir la convention collective en vigueur depuis sept ans.

Cela signifie que l’entente actuelle s’étendra jusqu’au 15 septembre 2022, donc pour les trois prochaines saisons en incluant celle-ci.

Ce n’est pas tout. Il pourrait y avoir mieux encore.

On dit que les discussions entreprises en février dernier entre les deux parties pourraient mener à une prolongation du contrat jusqu’en 2025, les pourparlers s’étant intensifiés au cours des dernières semaines.

Trois points importants

L’Association des joueurs se concentre sur trois points en particulier.

La clause permettant une retenue de 15 % du salaire de ses membres en cas d’un manque à gagner dans les revenus, lesquels sont partagés en parts égales entre les équipes et les joueurs, n’a jamais fait le bonheur de ces derniers.

À ce sujet, les joueurs veulent avoir une définition précise de ce que sont les revenus liés au hockey.

Les soins de santé et les Jeux olympiques sont les deux autres questions prioritaires à leur programme.

Bettman a gagné deux fois

Leur décision de maintenir la présente convention et de poursuivre les discussions en vue d’une prolongation semble vouloir dire qu’un lien de confiance rapproche les deux camps.

Mais il reste des sceptiques. Gary Bettman a tellement fait suer les joueurs lors des négociations antérieures que certains le croient assez machiavélique pour avoir tendu un piège à son vis-à-vis Donald Fehr.

Il ne manquerait plus que ça !

Au fond, qu’est-ce que Bettman et les propriétaires auraient à gagner d’un autre conflit ?

Le commissaire est sorti vainqueur des deux derniers lock-out qu’il a déclenchés. Après avoir échoué dans sa première tentative d’imposer un plafond salarial lors de la saison

1994-1995, un échec qui a mené au déménagement des Nordiques, des Jets de Winnipeg et des Whalers de Hartford, le commissaire est revenu à la charge 10 ans plus tard.

Cette fois, les propriétaires ont tenu leur bout. Les joueurs ont plié les genoux après avoir perdu une année de carrière et de salaire. Plusieurs vétérans ne sont pas revenus au jeu.

En 2013, les joueurs ont accepté après un arrêt de travail d’une moitié de saison que le pourcentage des revenus qui leur est attribué soit ramené de 57 % à 50 %.

Un autre monde

Rappelons-nous aussi que les joueurs avaient déclenché une grève qui avait duré deux semaines, dans la dernière ligne droite de la saison 1991-1992. L’une de leurs principales revendications portait sur la vente des cartes de hockey, un marché qui connaissait alors un essor prodigieux. Les joueurs voulaient obtenir la part qui leur revenait.

Gil Stein était président de la LNH, tandis que Bob Goodenow assumait le poste de directeur exécutif de l’Association des joueurs. Ce dernier occupait toujours ces fonctions lors du conflit qui a causé l’annulation d’une partie de la saison 1994-1995, ainsi que de l’entière saison 2004-2005.

Don Fehr est à la tête de l’Association depuis 2010. On n’a pas oublié à Montréal que c’est lui qui tirait les ficelles à la tête de l’Association des joueurs du baseball majeur lorsqu’une grève est venue saboter la belle saison des Expos, en 1994.

De l’argent pour tous

Il s’agissait d’une huitième suspension des activités du baseball depuis 1972. Le retour n’avait pas été facile.

Les stades étaient loin d’être remplis et plusieurs amateurs qui s’y rendaient lançaient de l’argent sur le terrain en criant aux joueurs qu’ils étaient cupides. Mais il n’y a pas eu d’autres grèves depuis.

Le baseball vit une paix syndicale depuis près de 25 ans. Avec les salaires qu’ils reçoivent, les joueurs seraient bien malvenus de se plaindre encore. Les joueurs de la LNH ne gagneront jamais autant qu’eux. Mais ils ne sont pas dans la rue.

À la fin, il faut toujours se rappeler que les athlètes et les propriétaires d’équipes professionnelles sont associés. Les joueurs et les proprios de la LNH sont sûrement capables de partager cinq milliards de revenus par année.

Des joueurs blessés utiles

Vous êtes propriétaire d’une équipe de la LNH et votre masse salariale surpasse le plafond de 81,5 millions d’une somme supérieure à 13 millions. Que faites-vous pour la réduire ? Facile ! Ajoutez des joueurs blessés encore sous contrat à votre formation.

La masse salariale des Maple Leafs de Toronto atteint près de 95 millions selon le site capfriendly.com, à la suite de l’entente qu’ils ont conclue avec leur spectaculaire attaquant Mitchell Marner.

Or, les Leafs comptent dans leur masse salariale trois joueurs blessés dont les salaires annuels totalisent 13 365 199 $. Il s’agit de Nathan Horton (5,25 M$) et Dave Clarkson (5,25 M$), ainsi que Zach Hyman (2,25 M$) et Travis Dermott (863 333 $).

Hyman a subi, en avril dernier, une opération à un genou qui devait le tenir à l’écart du jeu pour un minimum de six mois. Dermott se rétablit, quant à lui, d’une intervention chirurgicale à une épaule.

Gros été à venir

Pour le moment, donc, les Leafs respectent le plafond à la cenne près. Mais il pourrait y avoir des problèmes l’an prochain. Les contrats de Horton et de Clarkson viendront à échéance à la fin de la saison.

De plus, les défenseurs Cody Ceci (4,5 M$), Jake Muzzin (4 M$) et Tyson Barrie (2,75 M$) seront admissibles au statut de joueur autonome sans compensation en juillet prochain.

Les salaires d’Auston Matthews (11 634 M$), John Tavares (11 M$), Marner (10 893 M$) et William Nylander (6 962 M$), les quatre premiers salariés de l’équipe, monopolisent tout près de la moitié de la masse.

Après trois éliminations consécutives au premier tour des séries, les Leafs devront aller plus loin le printemps prochain. Une quatrième exclusion de suite pourrait coûter cher à l’entraîneur Mike Babcock. Une élimination en moins de trois rondes pourrait être perçue aussi comme un échec.

Le temps est venu pour les Maple Leafs de gagner.