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«Je n’aurais jamais dû partir de Montréal» - Patrice Brisebois

L’ex-défenseur a été honoré et fier de porter durant 16 saisons l’uniforme du Canadien

Patrice Brisebois
Photo Jean-François Chaumont Patrice Brisebois a signé des centaines d’autographes devant le centre communautaire et l’aréna de Renous, mardi.

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RENOUS, Nouveau-Brunswick | Un crayon noir à la main, Patrice Brisebois signe des centaines de photos de lui-même dans l’uniforme du Canadien. Il se retrouve assis sur une petite chaise dans le fond du centre communautaire du village, situé à quelques mètres seulement de l’aréna Tom Donovan. 

À 15 h 30, Brisebois se prépare déjà. Il rencontrera les partisans dans une trentaine de minutes seulement. 

«Je trouve ça important et je veux bien faire ça, dit-il à l’auteur de ces lignes. En écrivant mon nom à l’avance, j’ai plus de temps pour parler aux gens et je peux leur poser des questions.» 

Des partisans partout 

Brisebois se trouvait au Nouveau-Brunswick depuis quelques jours déjà. Dimanche, il a participé à un match des anciens du CH contre les Whoopers de Renous à l’aréna de Miramichi. Il a prolongé son séjour dans ce coin de pays pour participer aux festivités de Kraft hockeyville, qui entourent le match préparatoire du Canadien contre les Panthers de la Floride de ce soir. Il y était avec cœur et ça se voyait dans son sourire quand il discutait avec des partisans du CH. 

«C’est ça qui est beau, il y a des fans du Canadien partout au Canada, a raconté Brisebois. Tu ne t’en aperçois pas quand tu joues, mais tu touches les gens. C’est beau de rencontrer ces gens-là. Tu joues pour le Canadien, mais tu n’as pas le temps de rencontrer les gens des régions éloignées. Et ils te disent : ‘‘Je t’ai regardé quand j’étais plus jeune, j’étais sur la patinoire et je voulais faire des choses comme toi.’’ Tu réalises que tu as marqué les gens. 

«Je trouve ça très important de participer à des événements dans des régions plus éloignées, a-t-il poursuivi. Ça prouve encore une fois comment l’organisation a marqué les gens. Dans le temps des six équipes originales, les matchs étaient seulement à CBC, et les gens étaient soit Canadien, soit Maple Leafs. De génération en génération, cette passion s’est transmise. Tant mieux. J’ai toujours dit qu’on a les meilleurs partisans au monde, même si c’est parfois difficile de jouer à Montréal. Au Canada, partout où tu vas, il y a des partisans du Canadien. Ç’a été un honneur de porter le chandail du Canadien et ce l’est encore.» 

Des hauts et des bas 

Maintenant âgé de 48 ans, l’ancien défenseur est en paix avec son passé à Montréal. 

«J’ai joué 18 ans dans la LNH et 16 saisons à Montréal, a-t-il continué. J’ai joué pour seulement deux équipes. Combien de joueurs peuvent se vanter de ça? Mon but, c’était de jouer toute ma carrière à Montréal. C’est pour ça que je suis revenu. Les gens me demandaient pourquoi je suis revenu, après tout ce qui est arrivé. Parce que je n’aurais jamais dû partir de Montréal. Pour moi, c’est important. Mais pour d’autres, ce ne l’est peut-être pas. Ils vont se dire que si ça ne fait pas ici, ça va faire ailleurs. Moi, le Canadien, ç’a été ma vie, ce l’est encore. Je représente l’organisation, je fais des matchs des anciens. 

«Durant une carrière de joueur, tu as des hauts et des bas, a-t-il souligné. Demande à n’importe quel joueur. Le plus important, de mon côté, c’est d’avoir réussi. Déjà là, c’est un exploit. D’avoir gagné la coupe Stanley, c’est un honneur extraordinaire. D’avoir joué 1000 matchs, c’est un honneur. Et je dois être le dernier Québécois à avoir joué 16 ans avec le Canadien. Quand on va regarder ça dans 5, 10, 20 ans, je serai fier de ce que j’ai réussi.» 

«Stéphane a parlé avec son cœur» – Patrice Brisebois 

Patrice Brisebois respecte l’opinion de Stéphane Richer, qui a parlé d’un fossé entre les anciens et les joueurs actuels du Canadien, mais il comprend aussi la position de Marc Bergevin, avec qui il a déjà travaillé comme entraîneur au développement des joueurs, de 2012 à 2014. 

«Stéphane a parlé avec son cœur, a affirmé Brisebois, mardi. Est-ce que les choses ont changé? Oui. C’est difficile pour moi. L’organisation est bonne avec moi. Je ne suis pas payé par l’organisation, je ne suis pas sur la liste des salariés. Si j’ai quelque chose à dire, je vais le dire. Est-ce que j’aimerais qu’il y ait plus de connexions entre les anciens et les joueurs actuels? Oui. Mais ce sont des décisions prises par la direction et je respecte ça.» 

À Montréal, Brisebois a connu la gloire en soulevant la coupe Stanley en 1993. Mais il a aussi expérimenté le côté sombre d’une ville où le hockey est une religion. Bob Gainey avait même demandé aux partisans de l’équipe d’arrêter de le huer après un match préparatoire, en septembre 2003. Avec son bagage d’expérience, il pourrait offrir un conseil ou deux à Jonathan Drouin, qui s’est retrouvé la cible de quelques fidèles l’an dernier. 

«Tu dois regarder l’histoire du Canadien, a répondu l’ancien numéro 43 et 71 avec le Tricolore. Oui, c’est difficile de jouer à Montréal. Mais c’est tellement motivant. Oui, tu as de la pression, mais c’est une belle pression. C’est ça qui te pousse. 

«Chaque fois que je sautais sur la patinoire, je savais que 21 000 personnes allaient nous acclamer. Je voulais tout le temps faire de mon mieux. Je veux gagner pour ces partisans-là. C’est trop facile de dire que je ne viendrai pas jouer à Montréal à cause des journalistes ou de la pression. J’ai joué deux ans avec l’Avalanche. Quand Pierre Lacroix était là, on en avait, de la pression. Il fallait gagner. C’était une organisation fière qui prenait tous les moyens pour gagner. La pression, ce sont les joueurs qui se la mettent.» 

La température de la cuisine... 

Brisebois sourit quand on lui parle de la fameuse pression médiatique de Montréal. Il n’y a pas juste du négatif, contrairement à la croyance populaire. 

«C’est pour ça que le Canadien est si populaire. On en parle. Regarde les Cowboys de Dallas, les Yankees de New York. Ce sont de gros marchés. Si c’est trop chaud dans la cuisine, ben sors. Si tu penses que ça va t’étouffer, que veux-tu faire ? C’est un des plus beaux marchés où tu peux jouer. Si tu gagnes, il n’y a pas plus beau marché? Ben justement, arrangez-vous pour gagner!»