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Le succès par le biais de la diversification

Pratico-Pratiques se tire bien de la crise dans l’imprimé

Caty Bérubé, présidente de Pratico-Pratiques, dans ses bureaux du boulevard Wilfrid-Hamel.
Photo Jean-François Desgagnés Caty Bérubé, présidente de Pratico-Pratiques, dans ses bureaux du boulevard Wilfrid-Hamel.

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La présidente de Pratico-Pratiques n’a pas eu peur de suivre son instinct pour faire grandir son entreprise. Alors que plusieurs annonçaient la fin du papier, elle a su tirer son épingle du jeu au cours des dernières années en diversifiant l’offre de son organisation afin qu’elle conserve sa santé financière.

Une stratégie qui s’est avérée plutôt payante pour la maison d’édition indépendante, dont l’industrie a été secouée par la crise qui a frappé le monde de l’imprimé. Pratico-Pratiques, ce sont aujourd’hui 93 travailleurs répartis dans trois divisions, soit Pratico média, Pratico édition (livres) et Pratico-Pratiques.

Comme quoi les affaires sont florissantes, au printemps dernier, la compagnie de Québec a choisi de déménager ses pénates sur le boulevard Wilfrid-Hamel, du côté de L’Ancienne-Lorette. Après 10 ans, elle se sentait trop à l’étroit dans ses locaux sur le boulevard Talbot, au nord de Québec.

Investissement de plus de 3 M$

L’investissement de plus de 3 millions $ a permis à l’entreprise de bonifier son espace de travail de 8000 pieds carrés, pour atteindre 21 000 pieds carrés. D’importants travaux dans l’immeuble ont aussi été effectués pour répondre aux besoins.

Entre 2016 et 2018, Pratico-Pratiques a vu son chiffre d’affaires bondir de 45 %. Il oscille maintenant aux alentours de 10 millions $. La direction ne cache toutefois pas avoir traversé des périodes plus mouvementées depuis sa création en 2004.

« Au départ, nous produisions les magazines Je cuisine, Je décore et Je jardine. Au fil du temps, nous avons développé d’autres magazines et nous avons lancé des livres », raconte au Journal la présidente et fondatrice, Caty Bérubé.

Crise

Il y a environ quatre ans, Pratico-Pratiques s’est toutefois retrouvée, comme plusieurs autres compagnies, au centre d’une crise qui a frappé le monde de l’édition et de l’imprimé. Des magazines ont fermé ainsi que des maisons d’édition.

« Face à cette situation, nous avons choisi de diversifier nos activités. Nous n’étions pas en difficulté financière, mais nous ne voulions pas attendre de l’être », indique la patronne, dont la compagnie détient ses propres studios de photos et de vidéos ainsi que ses stylistes et trois chefs cuisiniers.

« Depuis quatre ans, nous réalisons du marketing de contenu. Nous avons une vingtaine de clients pour qui on fait de la gestion de réseaux sociaux et de l’accompagnement stratégique numérique sur une base régulière », explique Mme Bérubé. « Nous avons aussi une centaine de clients pour qui nous faisons du développement de contenus, comme Les Fromages d’ici, Canac et Exceldor », dit-elle.

Par exemple, avec l’aide de ses chefs, Pratico-Pratiques pourrait concocter un plat avec un fromage d’ici et le mettre en valeur sur une plateforme web de son client.

La présidente avance aussi que le fait d’offrir des contenus plus « adaptés » et « collés » au quotidien des familles de 2019 a permis à son organisation de se démarquer et d’attirer un lectorat.

« Selon moi, le papier n’est vraiment pas mort. Du côté magazines, nous avons eu en 2018 une croissance de 8 %. Pour les livres, nous avons également une importante croissance depuis deux ans », conclut celle qui occupe aussi la chaise de présidente de l’Association québécoise des éditeurs de magazines.

Pratico-Pratiques produit aussi maintenant des livres en anglais.