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Les clients de Bombardier privés de l’aide d’Ottawa jusqu’à nouvel ordre

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Sous le coup d’une vérification commandée par Exportation et développement Canada (EDC), Bombardier devra se priver de l’aide de la société d’État fédérale jusqu’à nouvel ordre.

La multinationale québécoise devra donc trouver d’autres sources de financement pour les acheteurs de ses avions et de ses trains. Or, depuis le début de 2018, ses clients ont reçu au moins 670 M$ en prêts d’EDC.

L’examen en question, mené par McCarthy Tétrault, porte sur les politiques anticorruption de Bombardier.

Il fait suite à un prêt controversé de 41 M$ US octroyé par EDC pour l’achat d’un jet d’affaires de Bombardier. L’acquéreur était la puissante famille Gupta d’Afrique du Sud, impliquée dans un scandale qui a fait chuter l’ancien président du pays, Jacob Zuma.

Le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, a qualifié de « malheureuse » la décision d’EDC de consentir ce prêt dans une lettre envoyée au conseil de l’organisme, obtenue par le Globe and Mail.

« Il y a plusieurs [autres] outils à la disposition de nos clients pour financer leur transaction », a assuré hier Olivier Marcil, porte-parole de Bombardier.

« On n’avait pas de demande en cours avec EDC et on n’avait pas l’intention d’en faire, le temps que l’on complète l’évaluation », a-t-il ajouté.

D’autres options

Le dernier prêt d’EDC remonte à juin : il a été fait au loueur chinois CIB Leasing pour des avions régionaux.

La décision de Bombardier d’abandonner l’aviation commerciale (appareils CRJ, Q400 et C Series) aura toutefois pour effet d’amoindrir l’impact de la suspension de l’aide d’EDC. Depuis le début de 2018, plus de 70 % des prêts de la société d’État concernaient des avions commerciaux.

Les prêts d’EDC pour des trains et des jets d’affaires de Bombardier ont tout de même atteint au moins 180 millions $ depuis le début de 2018.

EDC a par ailleurs recommencé à prêter à SNC-Lavalin après avoir cessé de le faire de 2014 à 2017, en raison d’allégations de corruption touchant l’entreprise montréalaise.

En mars 2018, EDC a ainsi accordé à SNC un prêt d’au moins 100 M$.