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Procès d’Ugo Fredette: sa conjointe était terrorisée la veille

Elle s’est effondrée en larmes un jour avant d’être tuée

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SAINT-JÉRÔME | Le thérapeute d’Ugo Fredette et sa conjointe craignaient pour la sécurité de celle-ci lors de leur dernière rencontre, la veille de sa mort, à cause d’un épisode de violence conjugale survenu dans les jours précédents. 

«À la fin de la séance, elle a peur de revenir en auto avec lui. Moi aussi, j’ai peur. Là, il est calme, mais je ne sais pas pour combien de temps», a témoigné ce matin Michel Cornellier. 

Le thérapeute en relation d’aide a relaté au jury le contenu de ses six rencontres avec le couple Barbe-Fredette, à l’été 2017. 

Ugo Fredette est accusé d’avoir tué sa conjointe Véronique Barbe le lendemain de la dernière consultation, soit le 14 septembre 2017, dans leur résidence de Saint-Eustache. 

L’homme de 42 ans est également accusé du meurtre prémédité d’Yvon Lacasse, un aîné dont il a volé la voiture pour s'enfuir avec un enfant de 6 ans. 

La deuxième semaine de son procès devant jury s’est amorcée aujourd’hui, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

Michel Cornellier a décrit le couple Barbe-Fredette comme un couple «amoureux, mais dysfonctionnel, qui communiquait par l’engueulade». Toutes les séances de thérapie ont été houleuses, et certaines se sont terminées en queue de poisson, a-t-il précisé. 

Véronique Barbe a expliqué au thérapeute qu’elle trouvait Ugo Fredette «envahissant» et qu’il était «dépendant affectif». 

Photo d’archives

  

Textos incessants 

«L’immense besoin qu’Ugo a d’elle l’envahit et elle a de la difficulté à composer avec ça. Ça la fâche quand Ugo insiste. Par exemple, quand il la texte, s’il n’a pas de réponse tout de suite, il la texte encore et il l’appelle», a détaillé M. Cornellier. 

Selon le thérapeute, Fredette répliquait en disant: «Si tu m’aimes, ça ne devrait pas te déranger que je t’appelle aussi souvent.» 

«Souvent, Ugo, il est rigide. La version de l’autre n’existe pas. Il faudrait qu’elle soit capable de répondre à ses besoins», a souligné le témoin. 

La victime de 41 ans était épuisée par l’attitude de Fredette, au point d'envisager de le quitter. 

Violence conjugale 

La situation s’est envenimée lors de la dernière rencontre avec le thérapeute, la veille de la mort de Mme Barbe. Pour la première fois, celle-ci avait réellement peur de son conjoint, et elle pleurait beaucoup. 

Véronique Barbe aurait vécu un épisode de violence conjugale dans les jours précédents, après avoir demandé à son conjoint de quitter la résidence. 

«Ugo refuse, le ton monte, Ugo devient dénigrant», a illustré le thérapeute en se basant sur les propos rapportés par la victime. 

Mme Barbe a voulu sortir prendre l’air, mais Fredette l’en aurait empêchée. Il lui aurait aussi interdit d’appeler qui que ce soit. 

La femme aurait toutefois réussi à se rendre dans la cour pour crier «à l’aide». Paniqué, Fredette aurait mis une main sur la bouche de sa conjointe et l’aurait ramenée de force à l’intérieur, où il l’aurait jetée au sol. 

Mme Barbe se serait alors réfugiée dans un lit pour enfant. «Vers 1h du matin, Ugo a explosé. Il a défoncé le montant du lit à coups de pied, le lit dans lequel Véronique était couchée», a raconté ce matin Michel Cornellier. 

Toute cette scène se serait produite le week-end précédant le décès de Mme Barbe. Cela semble correspondre à la soirée où une voisine du couple a entendu des cris provenant de la résidence, selon ce qui a été relaté au jury de neuf hommes et trois femmes la semaine dernière. 

«Personne en danger» 

Lorsque Véronique Barbe a fait part de cette engueulade au thérapeute, celui-ci en a conclu qu’il devait «porter assistance à une personne en danger». 

Ainsi, lorsque le couple a quitté son bureau de Saint-Eustache ce soir-là, Michel Cornellier a exigé que Fredette revienne le voir dès qu’il aurait déposé Mme Barbe et ramassé ses effets personnels. 

«S’il ne le faisait pas, j’appelais la police. Jamais je n’avais eu à faire ça. J’ai dit à Véronique de garder son cellulaire avec elle et d’appeler la police si Ugo revenait», a affirmé M. Cornellier. 

Le témoin sera contre-interrogé par la défense cet après-midi. 

Le procès présidé par la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance doit durer deux mois, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

La Couronne est représentée par Mes Steve Baribeau, Karine Dalphond et Alexis Marcotte-Bélanger, tandis que Me Louis-Alexandre Martin représente l’accusé.