/news/provincial
Navigation

Route de l’Église : des commerçants exclus veulent aussi être indemnisés

Route de l’Église : des commerçants exclus veulent aussi être indemnisés
Photo d'archives Jean-François Desgagnés

Coup d'oeil sur cet article

Des commerçants de la route de l’Église, qui sont exclus du futur programme d’indemnisation de la Ville de Québec lors des grands travaux, gardent espoir de convaincre l’administration Labeaume de changer de cap.

Selon les critères préliminaires dévoilés par le maire Régis Labeaume, lundi, plusieurs catégories d’entreprises ne seront pas admissibles à une aide financière qui pourrait aller jusqu’à 30 000 $/an

La Ville exclut d’emblée, par exemple, les services financiers et d’assurances, les commerces de gros, le secteur du transport, de la construction, de la fabrication et les agences de voyages.

France Anctil, du Club Voyages Alfa, ne digère pas que son entreprise ne soit pas admissible au futur programme de compensation. «C’est clair qu’il y a une notion d’équité là-dedans qui est transgressée. Ils ont posé un jugement sur quelque chose qu’ils pensent connaître mais qu’ils ne connaissent pas», a-t-elle confié en entrevue, évoquant une «baisse drastique» d’achalandage depuis le début du chantier en juin.

«S’ils pensent que tout se passe par téléphone, je peux vous dire que ce n’est pas le cas pour notre agence. Si on avait seulement besoin d’un téléphone puis d’une ligne internet, on n’aurait pas pignon sur rue. On serait dans un sous-sol ou dans une tour à bureaux», a-t-elle illustré, invitant les élus à «comprendre le gros bon sens». «On ne laissera pas ça comme ça, c’est clair. On verra pour la suite, mais j’ai confiance en leur intelligence».

Nouveau venu sur la route de l’Église

Christian Laliberté, propriétaire de la librairie La Liberté, est quant à lui dans une situation particulière puisqu’il a quitté la Pyramide de Sainte-Foy en juin pour emménager dans son nouveau local de la route de l’Église en pleins travaux. Le maire avait indiqué, lundi, que les commerçants devraient avoir minimalement une année d’exploitation «au même emplacement» pour être admissibles au programme.

M. Laliberté estime qu’il devrait lui aussi avoir droit à une forme de compensation. «Qu’on soit relocalisés récemment ou non, c’est sûr qu’il y a eu des conséquences directes. On a vécu les contrecoups de ça aussi. Tout le monde a vécu cette réalité-là. Le problème, c’était l’accessibilité à notre commerce et il n’y a pas une journée où on n’a pas eu de témoignages de clients qui réussissaient à venir nous voir ou au téléphone. On considère qu’on est quand même victimes de tout ça.»

Pas de changement pour l’instant

En matinée, le maire Labeaume n’a pas manifesté une très grande ouverture quant à la possibilité de réviser les critères d’admissibilité au programme de compensation, sans toutefois fermer la porte complètement à double tour.

«Quand vous mettez de l’avant des mesures de même, il y a toujours des exceptions alors on se tient à la mesure parce que le problème, c’est que ça arrête où puis ça commence où ? On va faire pour le mieux avec beaucoup d’ouverture d’esprit, mais il ne faut pas commencer à dire oui aux exceptions maintenant, je pense que ça serait irresponsable.»

«À un moment donné, il faut mettre des critères et les critères doivent être respectés (...) Si vous reculez ou vous avancez, il y aura toujours des exceptions alors c’est un univers d’exceptions, puis on va s’en tenir à nos mesures puis on verra...», a-t-il  laissé tomber.