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« The Big Bang Theory », « Seinfeld »: la bataille fait rage entre plateformes américaines

« The Big Bang Theory », « Seinfeld »: la bataille fait rage entre plateformes américaines
AFP

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WarnerMedia récupère « The Big Bang Theory », Netflix ramasse « Seinfeld », tandis que NBCUniversal annonce 15 000 heures de programmes sur son offre: la bataille du contenu s’intensifie entre les plateformes de streaming américaines, en attendant une possible guerre des prix.  

À un mois et demi du lancement d’Apple TV+, qui sera suivi par Disney+, puis, en 2020, HBO Max et le service de NBCUniversal, chacun continue à empiler des contenus pour attirer, ou conserver, des abonnés.  

Lundi, c’est Netflix qui annonçait avoir récupéré les droits de la série « Seinfeld » (pour le monde entier à la différence des autres plateformes), moyennant une somme estimée par des médias américains à 500 millions de dollars, après avoir perdu ceux de « Friends » et « The Office ».  

Mardi, WarnerMedia, qui a déjà fait tomber « Friends » dans son escarcelle, a annoncé l’acquisition, pour cinq ans, des 279 épisodes de « The Big Bang Theory », dont le dernier volet a été diffusé mi-mai, pour sa future offre de streaming, baptisée HBO Max, annoncée pour le printemps 2020.  

Selon le Wall Street Journal, la filiale de l’opérateur télécom AT&T aurait mis sur la table près de 500 millions de dollars, un montant que WarnerMedia a refusé de confirmer.  

« Le fait que nous proposions (la série) pour la première fois sur une plateforme de streaming aux États-Unis est un coup d’éclat pour notre nouvelle offre », a affirmé Robert Greenblatt, président de WarnerMedia Entertainment et de l’offre directe aux consommateurs, dans un communiqué.  

Pour Daniel Ives, analyste chez Wedbush Securities, la perte de « The Office » et « Friends », les deux séries les plus regardées de Netflix, « a laissé un trou dans le contenu » du leader incontesté du streaming.  

Des milliers d’heures de programmes  

Mardi toujours, NBCUniversal, filiale du câblo-opérateur Comcast, a donné des précisions sur sa propre plateforme, baptisée Peacock, qu’elle lancera en avril 2020.  

Outre « The Office », obtenu pour 500 millions de dollars, Peacock (le paon, symbole historique de la chaîne NBC) proposera une série de poids-lourds de la télévision américaine des années 80 et 90, de « Cheers » à « Will & Grace ».  

La plateforme mettra aussi en ligne des séries inédites, ainsi que des « reboots » (nouvelles versions) de « Sauvés par le gong » et « Punky Brewster », tournés avec des acteurs des versions d’origine.  

Au total, Peacock arrive avec 15 000 heures de programmes, quand WarnerMedia annonce 10 000 heures de contenu exclusif.  

« La guerre du streaming commence à ressembler à +Game of Thrones+ », résume Daniel Ives. « Les consommateurs sont en train d’atteindre le point de saturation et tout est centré autour du contenu. Le contenu est roi. »  

L’autre paramètre essentiel est le prix des divers abonnements, qui reflètent les stratégies des différents protagonistes.  

Après avoir démarré très bas (7,99 dollars en 2010), Netflix a progressivement remonté ses prix à mesure que s’étoffait son portefeuille, qui frôle aujourd’hui les 160 millions d’abonnés.  

Mais à 12,99 dollars par mois actuellement pour l’abonnement standard, le géant du marché, seul acteur véritablement mondial pour l’instant, se retrouve très au-dessus des 6,99 dollars annoncés pour Disney+ et des 4,99 dollars d’Apple TV+.  

Arrivé très tard sur le marché, Disney suit une stratégie de conquête agressive, de même qu’Apple, qui compense avec son prix une offre qui s’annonce comme la plus faible du paysage.  

Ni Peacock ni HBO Max n’ont annoncé leur prix de lancement, mais la plupart des observateurs s’attendent à ce que WarnerMedia demande au moins autant que les 14,99 dollars par mois actuellement facturés pour le service HBO Now, plateforme dédiée aux seuls contenus de la chaîne câblée HBO, le joyau de WarnerMedia.  

Un tel prix placerait HBO Max à plus du double de Disney et au triple d’Apple. Historiquement, HBO a toujours privilégié la qualité à la quantité, quitte à produire moins de programmes, un choix qui a été payant ces 20 dernières années («Game of Thrones», «Sopranos», «Veep» ou «Westworld»), mais l’heure est à l’accumulation.  

« Les consommateurs qui payeront ce prix vont exiger du contenu de premier plan », explique Daniel Ives, « ce qui rendait cruciale l’acquisition de +Friends+ aux dépens de Netflix. »  

L’enjeu est d’autant plus crucial pour WarnerMedia que le fonds activiste Elliott, qui a acheté pour 3,2 milliards de dollars d’actions d’AT&T, a remis en question la stratégie du câblo-opérateur d’investir dans du contenu et mis le groupe sous pression.