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Des burgers végétariens pas si santé

Les mets offerts dans des chaînes de resto rapide sont aussi gras et plus salés que ceux faits de vraie viande

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Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, les burgers faits de boulettes végétales offerts dans les chaînes de restauration rapide ne sont pas meilleurs pour la santé que leur équivalent fait de vraie viande, constate une étude. 

«Si tu manges un burger par mois, que ce soit un végé ou un de viande, ça ne change rien», tranche la nutritionniste Isabelle Huot, qui a analysé la qualité nutritionnelle d’une quarantaine de boulettes végé vendues en épicerie. 

Les offres de ces produits fabriqués à partir de plantes se multiplient sur le marché autant en restauration rapide que sur les tablettes. 

Après A&W et Tim Hortons, Burger King devrait lancer son burger contenant une boulette fabriquée à base de plantes de la compagnie Impossible Foods, d’ici la fin de l’année au Canada. Elle est présentement testée aux États-Unis. 

Subway doit mettre à l’épreuve dans les prochaines semaines un sandwich avec des boulettes faites de substituts de viande Beyond Meat dans quelque 600 restaurants au pays et chez nos voisins du sud. 

PFK fait aussi l’essai d’un «poulet frit» fait à partir de protéines végétales aussi élaboré par Beyond Meat dans un restaurant à Atlanta. 

Trop de sel 

Même si ces produits semblent être plus santé puisqu’ils sont faits de plantes, le portrait est beaucoup moins rose lorsqu’on regarde de plus près. 

Comme l’a constaté une étude de l’Université Harvard, près de Boston, une boulette de burger Beyond Meat contient pratiquement autant de calories, de gras et de gras saturé qu’une boulette de viande de bœuf. 

«À vouloir trop imiter l’aspect de la viande, on se retrouve également avec des agents de remplissage ou des colorants», précise Mme Huot. 

«On met aussi beaucoup de sel pour que ce soit goûteux et ainsi que ça plaise aux consommateurs», ajoute la nutritionniste Cynthia Marcotte. 

En effet, si on compare un hambur ger de viande et un végé vendus par la même chaîne de restauration, on obtient des résultats semblables pour les calories et le gras. Le burger fait de « fausse viande » contient même plus de sel. 

Les seuls avantages de la boulette végé sont qu’elle contient des fibres et qu’on y ajoute souvent des vitamines et minéraux, souligne Mme Marcotte. 

Cette dernière estime aussi que ces produits peuvent servir de tremplin à certaines personnes qui sont réticentes à essayer des plats sans viande. 

«L’aspect positif c’est que ça peut encourager des gens qui ne veulent essayer rien de végé. Ils auront au moins le pied dans la porte pour éventuellement pousser leur curiosité et tenter d’autres produits sans viande plus balancés», espère la nutritionniste. 

Tendance qui s’essouffle? 

Par ailleurs, plusieurs experts se demandent si cet engouement pour ces boulettes transformées afin de se rapprocher le plus possible de la viande ne commence pas à s’essouffler. 

Le Journal a appris que Tim Hortons, par exemple, cessera d’offrir les produits Beyond Meat dans ses déjeuners au Québec. L’entreprise ne le fera qu’en Ontario et en Colombie-Britannique, où elle dit avoir reçu des «commentaires positifs». 

«Je pense que les chaînes n’auront pas le choix d’offrir une option végé, mais cette fascination pour reproduire ce que le bœuf fait sur le gril, ce que le bœuf goûte, va s’estomper. On va passer à autre chose», croit Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie, à Halifax. 

 Sources : Menus A&W et Tim Hortons, ainsi qu’une étude de l’Université Harvard