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La Fed envisage une baisse des taux, les marchés doutent

Jerome Powell, président de la Banque centrale américaine
Photo AFP Jerome Powell, président de la Banque centrale américaine

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Jerome Powell, le président de la Banque centrale américaine, devrait annoncer une légère baisse des taux d’intérêt mercredi pour compenser les risques que font peser les tensions commerciales sur l’économie américaine.

Mais à 24 heures de l’annonce de la décision, les marchés ont commencé à douter de cette nouvelle détente monétaire.

Jusqu’à mardi, une large majorité d’investisseurs pariant sur le niveau futur des taux misaient sur une baisse d’un quart de point de pourcentage (0,25%) mais mardi soir, une petite majorité de 53% tablait désormais sur le statu quo avec un loyer de l’argent maintenu à 2-2,25%.

Les certitudes des investisseurs ont été ébranlées après les frappes contre des installations pétrolières en Arabie saoudite qui ont fait grimper les prix du pétrole et posé la question de représailles.

Une aggravation de la situation pourrait conduire à une hausse des prix, mais pour l’instant l’impact de la flambée de l’or noir reste négligeable pour l’économie américaine, a relevé Oxford Economics.

Un autre facteur a joué pour expliquer le retournement d’opinion sur une baisse des taux.

La Fed est intervenue d’urgence mardi en injectant plus de 50 milliards de dollars sur un marché où entreprises et banques viennent s’alimenter en billets verts au jour le jour. Les taux d’intérêt appliqués à ces transactions avaient pris un coup de chaud pour des raisons essentiellement techniques.

Pour éviter une nouvelle poussée de fièvre, la Fed a annoncé qu’elle offrirait tôt mercredi jusqu’à 75 milliards de dollars.

Et la suite?

Pour autant, la plupart des économistes interrogés restaient persuadés que la Fed allait bien baisser ses taux mercredi.

Et si tous estiment qu’en raison des fortes incertitudes qui planent sur l’économie américaine, il sera difficile à Jerome Powell de donner des indices précis sur ce qu’il compte faire par la suite, «cela ne change pas le besoin fondamental de baisser les taux d’un quart de point mercredi», a assuré à l’AFP l’économiste en chef chez Oxford Economics, Kathy Bostjancic.

Lors de sa conférence de presse du mois d’août qui avait suivi une baisse des taux – la première depuis plus de 10 ans – Jerome Powell avait semblé hésiter entre l’assurance qu’il ne fallait pas s’attendre à un long cycle de baisses des taux tout en laissant entendre que ce n’était pas non plus un geste isolé.

Depuis, les données économiques ont continué à être mitigées.

L’inflation – hors alimentation et pétrole – s’est installée au plus haut depuis presque un an à 2,4% en août, selon l’indice CPI.

Cette tendance qui va dans le bon sens pour la Fed reste à confirmer.

Le secteur manufacturier, qui était en berne depuis plusieurs mois, a enregistré un rebond en août, mais il pourrait ne pas durer.

Les tensions commerciales et les tarifs douaniers demeurent une épée de Damoclès pour les entreprises et leurs investissements, mais un vent d’optimisme modéré a soufflé avec la perspective d’une session de discussions à haut niveau entre Pékin et Washington en octobre.

«La guerre commerciale va-t-elle se résoudre ou se poursuivre? Il est tout à fait possible qu’elle dure encore un an», a averti un économiste du Peterson Institute for International Economics. «Si c’est le cas, cela va affaiblir les investissements [...] et justifiera une autre baisse ou deux à l’automne», ajoute pour l’AFP cet ancien économiste de la Fed, Joseph Gagnon.

Les taux américains au jour le jour entre 2 et 2,25% sont loin des taux zéro ou négatifs pratiqués en zone euro et au Japon, ce qui fait trépigner Donald Trump qui réclame des taux à zéro voire négatifs pour que le dollar et les exportations restent compétitifs.

Mais si elle est décidée comme attendu, la baisse de mercredi fixera les taux juste en dessous de 2%. Deux membres du Comité monétaire, qui avaient voté contre le repli des taux en juillet, pourraient récidiver, estimant que l’économie n’a pas besoin de ce stimulus.

Après la publication du communiqué officiel du Comité monétaire, Jerome Powell tiendra sa conférence de presse à 18h30 GMT.

La Fed publiera aussi ses prévisions économiques trimestrielles concernant l’évolution de la croissance, du taux de chômage et de l’inflation.