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Joey Saputo: le patron a toujours raison

Impact de Montréal
Photo d’archives, pierre-paul poulin C’est Joey Saputo qui signe les chèques de ses employés. Il peut exprimer son mécontentement.

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Joey Saputo voulait se donner du recul lorsqu’il a confié la présidence de l’Impact à Kevin Gilmore. Il s’est abstenu de se présenter dans l’entourage de son équipe aussi longtemps qu’il a pu.

Mais alors que l’Impact montrait une série de cinq matchs sans victoire en juillet, il a assisté à une séance d’entraînement, flanqué de son président. La tenue de son équipe le préoccupait.

Rien de plus normal.

Un mois plus tard, Rémi Garde a été relevé du poste d’entraîneur. Gilmore a déclaré qu’il s’agissait de sa décision. Wilmer Cabrera s’est amené, mais la débandade se poursuit toujours.

Dans le vestiaire

Samedi dernier, la patience de Saputo a atteint ses limites. Il est descendu dans le vestiaire pour secouer le pommier à ses joueurs après leur gênante défaite aux mains du Cincinnati FC, une équipe de l’expansion qui n’avait remporté que cinq victoires en 29 matchs jusque-là.

Depuis, on s’interroge sur la pertinence de cette démarche. Une règle tacite veut qu’un propriétaire n’ait pas à se mêler des opérations sportives de son équipe. Je souscrivais à cette thèse, mais au fond, un propriétaire a tous les droits.

C’est Saputo qui signe les chèques de ses employés, après tout. Il peut exprimer son mécontentement.

A-t-il empiré les choses ?

La situation dans laquelle se trouve l’Impact ne peut être plus mauvaise qu’elle ne l’est. Les chances de l’Impact de prendre part aux séries sont pour ainsi dire nulles.

Reste la finale du Championnat canadien contre le Toronto FC.

L’Impact redorerait-il son blason s’il l’emportait ?

Pense pas.

Les amateurs en ont gros sur le cœur. Ils auraient suivi Saputo dans le vestiaire, l’autre soir, s’ils avaient pu. Ils sont aussi découragés que Saputo.

Rien à côté de Steinbrenner

On dit que le patron a toujours raison, même quand il a tort. Cet énoncé était inscrit sur une plaquette que Joe Torre avait placée sur son bureau quand il dirigeait les Yankees.

Et qui était le propriétaire des Yankees ?

Nul autre que George Steinbrenner, The Boss, comme il était surnommé.

George ne faisait pas dans la dentelle. Il se servait des médias pour passer ses messages. À un moment où Derek Jeter ne produisait pas à son goût, Steinbrenner lui avait reproché de mener une vie nocturne trop active.

Rien que ça !

Sa déclaration avait fait les choux gras des médias de New York.

Verriez-vous Geoff Molson émettre une telle déclaration au sujet d’un joueur du Canadien ?

Montréal serait sens dessus dessous !

Hal et Hank Steinbrenner, qui ont pris la relève après le décès de leur père, poursuivent son œuvre, mais tout en douceur.

Maître après Dieu

Dans la NFL, le propriétaire des Cowboys de Dallas, Jerry Jones, n’est pas de tout repos. Lorsqu’il a acheté l’équipe, il a congédié le légendaire Tom Landry séance tenante.

Il l’a remplacé par Jimmy Johnson, avec qui il avait joué à l’Université Arkansas State, et relevé Tex Schramm des fonctions de directeur général pour le remplacer lui-même.

Jones est maître après Dieu chez les Cowboys. Il remplit à la fois les rôles de propriétaire, président et directeur général. Il a congédié Johnson après que celui-ci eut mené les Cowboys à deux conquêtes du Super Bowl, en 1992 et 1993.

On conviendra qu’il s’agit d’un cas vraiment particulier.

Quel avenir ?

Pour ce qui est de l’Impact, force est de constater que rien n’a changé par rapport au passé.

À son arrivée au poste de président, Kevin Gilmore a exprimé le désir de changer la culture organisationnelle. Il a dit que l’Impact devait penser grand.

On ne sait pas encore pour quand ce sera et c’est bien dommage. Car une soirée au stade Saputo est saprément agréable quand l’Impact joue bien et qu’il gagne.

À quand un gros nom ?

Montréal est-il la Sibérie de la MLS ? L’Impact a-t-il les moyens d’attirer un joueur de grande réputation chez nous ? Les deux questions se posent.

Nacho Piatti est encore avec l’équipe, mais sa carrière tire à sa fin. Didier Drogba a été spectaculaire et a fait courir les foules à sa première saison. Malheureusement, son association avec l’Impact ne s’est pas bien terminée.

Tout le monde sait à quel point l’Impact a besoin d’un joueur vedette. Sans vouloir être alarmiste, il en va peut-être de la survie de l’équipe.

Tout est à refaire

L’entre-saison sera important pour la suite des choses. Kevin Gilmore devra chercher à mettre en place une structure solide qui ne s’effondrera pas au premier coup de vent.

L’Impact est son équipe maintenant. Rémi Garde et Nick De Santis sont partis. Il y a peu de chances que Wilmer Cabrera revienne l’an prochain.

Tout est à refaire, tout est à repenser.

Gilmore devra prendre les bonnes décisions et faire en sorte que Joey Saputo endosse ses décisions et le suive dans son cheminement.

Bonne chance, Kevin !

DANS LE CALEPIN

Le cas de Noah Juulsen est inquiétant. Victime d’une sérieuse blessure à un œil la saison dernière, il éprouve des problèmes avec sa vision périphérique et souffre en plus de maux de tête. C’est dommage pour le jeune homme et l’athlète. Sans cette blessure, il se battrait pour un poste avec le Canadien. Or, voilà que sa carrière est compromise...

Le chat est sorti du sac dans le dossier des négociations entre Patrik Laine et les Jets de Winnipeg. Laine a raconté à un média finlandais que ses compagnons de trio de l’an dernier n’étaient pas parmi les meilleurs joueurs de l’équipe, indiquant que cette situation nuisait à ses pourparlers contractuels. Laine a surtout joué aux côtés du centre Bryan Little, inscrivant 30 buts et obtenant 20 mentions d’aide en 82 matchs. Quant à Little, il a marqué 15 buts et totalisé 41 points.

Laine invitera-t-il Little à souper quand il en viendra à une entente avec la direction de l’équipe ?