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Le pouvoir citoyen

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Certains s’inquiètent de la perte du pouvoir francophone, advenant une réforme du mode de scrutin qui déboucherait sur une proportionnelle mixte.

Pourtant, nous devrions être encore plus préoccupés du poids des citoyens dans l’exercice démocratique d’élire un gouvernement.

Les faux-fuyants

Les gouvernements élus au Québec n’obtiennent pas la majorité des voix des électeurs depuis des décennies. La situation s’est même empirée dans les élections récentes avec la multiplication des partis et le clientélisme électoral qui génèrent des gouvernements avec des taux d’appuis populaires largement sous la barre des 50 %.

En 2018, à peine le quart des gens en droit de voter a choisi la CAQ et guère plus pour les libéraux dans les élections précédentes.

On ne se surprendra pas alors de l’insatisfaction permanente qui gagne généralement la grande majorité de la population pendant leur mandat. Le vote des citoyens pèse de moins en moins dans l’édification des politiques publiques et les choix économiques des gouvernants, laissant du coup la plupart amers.

L’atomisation du vote francophone et la multiplication des partis n’ont pas attendu l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel pour se matérialiser. C’est la réalité québécoise des 25 dernières années.

Le mode de scrutin uninominal à un tour, hérité de la couronne britannique, n’est plus adapté à la réalité du Québec, guère plus qu’à celle du Canada. Le scrutin proportionnel serait d’ailleurs la meilleure façon de compenser l’atomisation du vote francophone en forçant la concertation pour former un véritable gouvernement majoritaire et démocratique.

Conservatisme profitable

Malheureusement, la démocratie peut devenir dérangeante pour les carriéristes et les détenteurs de capital, car elle pourrait être source d’instabilité. La volte-face des députés caquistes et la sortie récente de l’ex-ministre Jean-Marc Fournier l’illustrent assez bien.

Ultimement, les idéologues du statu quo veulent bien laisser le peuple parler, il ne saurait toutefois être question de l’écouter !