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Une chance à 28 ans

À force de persévérer, le fougueux Alex Belzile a gagné la confiance de l’organisation du Tricolore

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Photo Agence QMI, Marc Grandmaison Alex Belzile exulte après avoir inscrit le but de la victoire, à la 14e minute de la troisième période.

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BATHURST | Alex Belzile recycle un vieux proverbe pour décrire son parcours : « Tous les chemins mènent à Rome ».

Pour Belzile, Rome n’est pas la capitale italienne, mais la LNH. À 28 ans, l’attaquant originaire de Saint-Éloi, dans le Bas-Saint-Laurent, s’en approche un peu en participant au camp du Canadien.

Depuis ses débuts chez les professionnels en 2012-2013, Belzile s’est transformé en globetrotteur. Lors des sept dernières saisons, il a joué pour les Gladiators de Gwinnett (ECHL), les Bulldogs de Hamilton (AHL), les Aces d’Alaska (ECHL), les Steelheads de l’Idaho (ECHL), les Komets de Fort Wayne (ECHL), le Rampage de San Antonio (AHL), les Eagles du Colorado (ECHL) et le Rocket de Laval.

« Tous les joueurs de hockey ont un chemin différent, a rappelé Belzile. Je n’ai jamais été repêché. À la base, je savais que ma route serait plus longue. Je suis un passionné du hockey, ça ne me dérange pas d’avoir joué dans plusieurs villes. Au contraire, je dirais même que ça m’a endurci. J’ai 28 ans et j’ai un grand bagage. Je souhaite m’en servir. »

« J’ai toujours gardé la pédale au plancher, a-t-il continué. Même quand je jouais un mardi soir dans la ECHL et qu’il n’y avait pratiquement personne dans les estrades, je restais toujours aussi intense. Je me disais qu’on ne sait jamais si un recruteur te regarde. J’ai développé de bonnes habitudes de travail. »

Deux bras, deux jambes

Au Centre régional K.C. Irving de Bathurst, Belzile a porté l’uniforme du CH pour la première fois en affrontant les Panthers de la Floride. C’était son deuxième match préparatoire dans la LNH. Il avait vécu cette expérience une première fois le 23 septembre 2017 en jouant pour l’Avalanche du Colorado contre le Wild au Minnesota.

Ce soir-là, il s’était retrouvé contre les Eric Staal, Mikko Koivu, Mikael Granlund, Ryan Suter et Devan Dubnyk.

Pour se calmer à l’idée d’affronter des vétérans de la LNH, Belzile s’était rappelé une expression de Clément Jodoin, son ancien entraîneur avec l’Océanic de Rimouski.

« Quand on jouait contre un gros club, Clément répétait toujours que les gars avaient deux bras et deux jambes, a-t-il dit. C’est la même chose dans la LNH, les gars ont encore deux bras et deux jambes. Je suis toujours simple dans mes pensées. C’est une façon de me mettre en confiance. »

Rien d’un cadeau

L’an dernier, Belzile a terminé au sommet des marqueurs avec le Rocket. Il a amassé 54 points (19 buts, 35 passes) en 74 matchs. Pour la première fois de sa carrière, il a participé au match des étoiles de la Ligue américaine, comme unique représentant du Rocket.

Le 24 mai dernier, Marc Bergevin a reconnu son bon travail en lui accordant un contrat à deux volets. Il gagnera 175 000 $ s’il joue pour le Rocket et 700 000 $ s’il joue pour le Tricolore.

« Oui, c’est valorisant d’obtenir un contrat avec le grand club, a-t-il mentionné. L’an dernier, j’ai eu une bonne saison avec le Rocket. Mais mon but reste de jouer dans la LNH. C’est mon rêve depuis que je suis tout petit. Ça me donne une chance de plus avec mon contrat. »

À moins d’une immense surprise, Belzile retournera à Laval sous la gouverne de Joël Bouchard. Il sera l’un des bons vétérans au sein du Rocket. Mais il ne faut pas lui dire ça immédiatement.

« Je suis au camp du Canadien et je sais que je suis dans l’ombre, a-t-il répliqué. Mais j’ai toujours causé des surprises dans ma vie. J’ai le même objectif et c’est de gagner un poste avec la grande équipe. Si je dois retourner avec le Rocket, je chercherai à aider les plus jeunes. J’agirai comme un bon vétéran. L’an dernier, je m’entendais très bien avec Jake Evans et Cale Fleury. »

Avant le match contre les Panthers, Claude Julien a eu de bons mots pour Belzile.

« Qu’il joue contre les Panthers, ce n’est pas une récompense, il le mérite, a précisé Julien. Il a le droit d’avoir sa chance. Il était l’un de nos meilleurs joueurs l’an dernier à Laval. »