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François Legault, manifestant?

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Photo AFP La place du premier ministre n’est pas dans la rue.

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Le 27 septembre, des dizaines de milliers de jeunes et de moins jeunes marcheront « pour le climat ». À l’appel de Greta Thunberg, et poussés par le système d’éducation, qui s’est laissé entraîner par ce mouvement, ils se mobiliseront pour pousser nos gouvernements à s’engager davantage dans la lutte contre les changements climatiques.

On ne saurait contester la noblesse de cette cause, même si l’on jugera sévèrement les écoles qui poussent leurs élèves dans la rue vers l’activisme politique plutôt que d’assumer leur mission, qui est de transmettre le savoir et la culture. L’école ne devrait servir aucune idéologie et se concentrer sur sa mission éducative.

Écologisme

Cela dit, la cause environnementale, comme toutes les autres causes politiques, se laisse instrumentaliser aisément. Ainsi, on a vu les leaders de Québec solidaire en appeler à la suspension des travaux de l’Assemblée nationale pour que ses membres puissent se joindre à la manifestation et témoigner de leur ferveur écologiste.

Toutefois, derrière ce grand appel à la manifestation, il y avait une ruse politique d’une subtilité éléphantesque. Québec solidaire savait très bien que la CAQ n’allait pas fermer l’Assemblée nationale pour transformer les députés en manifestants parmi d’autres. Pourquoi le demander alors ? Pour permettre à QS de brandir seul l’étendard de la lutte contre le changement climatique et laisser entendre que les autres partis y sont indifférents.

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Deux cultures politiques ressortent ici.

QS, malgré sa percée aux dernières élections, demeure un parti fondamentalement protestataire, plus à l’aise dans la rue qu’à l’Assemblée nationale. C’est compréhensible : il y a une ivresse propre à la manifestation, quand une masse humaine reprend unanimement le même slogan. La foule se sent toute puissante et capable de déplacer des montagnes.

On comprend que ses députés prennent un certain temps à s’adapter à l’Assemblée nationale, quand ils y parviennent, ce qui n’est pas toujours le cas. En chambre comme en commission parlementaire, certains aiment se donner en spectacle. Normal : ils sont souvent en état d’ivresse idéologique, comme c’est fréquemment le cas dans la gauche radicale.

La CAQ fonctionne sur un autre registre. Trop souvent, son discours politique est terne. Mais on lui reconnaîtra une vertu : pour elle, la politique relève moins de l’opposition lyrique que de l’exercice du pouvoir. Évidemment, qui exerce le pouvoir découvre rapidement mille contraintes qui expliquent l’écart entre les idéaux que nous défendons et la réalité dans laquelle nous vivons.

QS

Le pouvoir ne peut pas tout faire, mais il n’est pas impuissant. Le jour où le gouvernement décide de rejoindre les rangs des manifestants, c’est qu’il renonce à sa capacité de changer les choses, et donc, à ses responsabilités.

La CAQ n’est pas tombée dans le piège. Elle a su résister à l’appel démagogique des solidaires. François Legault n’a pas vocation à diriger des manifestations. Il lui appartient maintenant de prendre au sérieux l’enjeu climatique.

Le Québec ne fait déjà pas trop mal. Il peut évidemment faire mieux.