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«Je savais que j’avais un don pour raconter des histoires»

Le cinéaste Louis Bélanger revisite sa jeunesse dans Vivre à 100 milles à l’heure

Louis Bélanger était entouré de plusieurs acteurs qui ont joué dans son film autobiographique Vivre à 100 milles à l’heure, jeudi.
Photo Jean-François Desgagnés Louis Bélanger était entouré de plusieurs acteurs qui ont joué dans son film autobiographique Vivre à 100 milles à l’heure, jeudi.

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«Pendant longtemps, j’ai souffert du syndrome du faussaire.» L’aveu étonne. Parce qu’il vient d’un réalisateur, Louis Bélanger, qui dévoilait quand même un neuvième long métrage, Vivre à 100 milles à l’heure, jeudi, au Festival de cinéma de la ville de Québec.

Croisé avant la première québécoise de son film, dans lequel il lève le voile sur sa jeunesse turbulente de vendeur de drogues avec deux amis d’enfance, le cinéaste originaire de Québec fait le calcul. Ça fait 30 ans qu’il tourne des films.

Et pourtant. «Quand j’ai gagné plein de prix avec Post Mortem [en 1999], je m’étais dit que ce n’était peut-être qu’un buzz qui ne va pas durer.»

Puis, il y a eu Gaz Bar Blues, qu’on classe parmi les grands films de la cinématographie québécoise. Et Route 132. Et des documentaires. Et puis Les mauvaises herbes.

«Je suis devenu cinéaste et c’est ma vie», constate celui qui se dirigeait, comme on peut le voir dans son œuvre autobiographique, vers le photojournalisme.

«Je ne pensais pas que j’étais équipé pour être dramaturge. Mais quand j’étais un ti-cul et que je racontais des jokes ou des histoires, je savais que j’avais ce don. Dans ma famille, quand je racontais une histoire, ça écoutait.»

Une scène du film Vivre à 100 milles à l’heure.
Photo d’archives
Une scène du film Vivre à 100 milles à l’heure.

L’accord des amis

Jeudii soir, Vivre à 100 milles à l’heure est devenu le premier film à être projeté au Diamant, le théâtre flambant neuf de Robert Lepage dans le Vieux-Québec.

Dans la foule, il y avait des parents et des amis, dont les deux qui lui ont servi d’inspiration pour écrire son film qui mélange fiction et réalité.

«Un soir, à Québec, je les ai rencontrés au Archibald et je leur ai demandé la permission. Les gars, ça vous dérangerait si je racontais nos mauvais coups? Ils m’ont dit : “Voyons donc, il n’y a pas de film dans notre histoire.” Je leur ai dit de me faire confiance», dit le cinéaste, qui reconnaît avoir arrangé quelques éléments de son récit avec le gars des vues pour dramatiser le tout.

Il a aussi pris soin de protéger l’identité de ses amis. Tout comme il a volontairement attendu que sa propre fille ait dépassé l’étape de l’adolescence pour lui dévoiler son passé de bum sur grand écran.

«C’est mon côté papa poule», avoue-t-il en souriant.

Vivre à 100 milles à l’heure, qui met en vedette Antoine L’Écuyer et Rémi Goulet, prend l’affiche le 27 septembre.


À voir vendredi au FCVQ :

  • Les mauvaises herbes, place D’Youville, 21 h
  • Take Me Somewhere Nice, Musée national des beaux-arts du Québec, 21 h 30