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Publicité : Ottawa pressé d'encadrer le vapotage comme le tabac

Publicité : Ottawa pressé d'encadrer le vapotage comme le tabac
AFP

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Plusieurs organisations en santé pressent Ottawa à mettre en place des mesures pour que les produits de vapotage soient soumis aux mêmes restrictions que ceux du tabac en matière de publicité et de marketing afin de réduire leur attrait auprès des jeunes.

• À lire aussi: Un premier cas de maladie pulmonaire lié au vapotage au Canada

Des actions «urgentes» ont été réclamées jeudi par huit entités, dont l’Association médicale canadienne, l’Association pulmonaire du Canada, la Société canadienne du cancer et la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

Ils exigent que le gouvernement fédéral mette «un terme au marketing des produits de vapotage» afin de protéger les jeunes face aux risques du vapotage, en adoptant par exemple les mêmes règles publicitaires que pour le tabac.

Un taux maximum de nicotine dans les cigarettes électroniques et des restrictions sur les saveurs sont aussi proposés, en retirant par exemple du marché les additifs les plus nocifs.

«L’idée, c’est de tout interdire, sauf ce qui serait explicitement permis», a soutenu la codirectrice de la Coalition québécois pour le contrôle du tabac Flory Doucas.

Elle suggère que les boutiques de vapotage, qui sont seulement accessibles aux adultes au Québec, puissent continuer d’afficher de la publicité.

Pour y arriver, les organisations en santé souhaitent que les chefs de partis, actuellement en campagne électorale, s’engagent à signer «un arrêté d’urgence» dans les 60 jours suivant leur arrivée au pouvoir, s’ils sont élus.

«Alors que nos voisins des états américains commencent à interdire la vente de produits de vapotage aromatisés, nos propres chefs des partis politiques semblent vouloir s’engager dans des actions qui ne sont pas immédiates et dans rien de concret», a dénoncé Mme Doucas.

Une étude de l’Université de Waterloo publiée en juin dans le British Medical Journal soutient que l’utilisation de produits de vapotage chez les Canadiens de 16 à 19 ans a augmenté de 74 % entre 2017 et 2018.

Premier cas au Canada

Pour la première fois au pays, un cas de maladie respiratoire chez un jeune qui serait lié au vapotage a été identifié mercredi par le Bureau de santé de Middlesex-London, en Ontario.

Santé Canada a d’ailleurs émis de nouveau jeudi une mise en garde concernant «un risque possible de maladie pulmonaire liée aux produits de vapotage».

« Bien qu'aucun lien évident n'ait été établi entre un type précis ou une marque précise de produits de vapotage et les cas de maladies pulmonaires graves, le gouvernement du Canada demeure très préoccupé par la hausse du vapotage signalée chez les jeunes au Canada », a ajouté l’organisation gouvernementale.

Les États-Unis ont de leur côté annoncé la semaine dernière leur intention d’interdire la vente de liquide de vapotage aromatisé afin de réduire l’intérêt de la cigarette électronique chez les jeunes.

À ce jour, six décès liés au vapotage ont été rapportés dans six états américains par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies. Un septième décès qui serait lié à la cigarette électronique a aussi été rapporté dans le comté de Tulare en Californie.

Les chefs des principaux partis politiques avaient alors fait preuve de prudence, estimant qu’il était encore trop tôt pour faire la même chose au Canada.

«Santé Canada mène des consultations sur cet enjeu depuis plusieurs mois en travaillant de pair avec des experts et des chercheurs pour déterminer la bonne voie à suivre», avait indiqué le premier ministre Justin Trudeau.