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Une campagne de sensibilisation contre le projet de Gazoduq et d'Énergie Saguenay

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SAGUENAY | Le collectif «Gazoduq, parlons-en!», la Coalition Fjord et Le Pacte pour la transition ont lancé, jeudi, une campagne de sensibilisation contre le projet de Gazoduq et d'Énergie Saguenay. 

Dans une vidéo, des autochtones, des scientifiques, des médecins, des étudiants et des artistes de partout au Québec dénoncent ce projet qui prévoit l’exportation de 11 millions de tonnes de gaz fossile par année provenant de l’ouest, en grande partie issu de la fracturation hydraulique, en traversant le Québec, de l'Abitibi jusqu'au Saguenay.

Ils estiment que le projet risque d’affecter au moins 43 communautés locales québécoises et trois nations autochtones «au profit d’intérêts privés américains» et qu’il équivaudrait à l’empreinte carbone de 10 millions de voitures chaque année.

«Ce projet vise à liquéfier du gaz, du gaz de moins en moins naturel, issu à 80 % de la fracturation, en utilisant notre énergie propre. Tout ça au détriment du territoire qu’on habite et au profit d’entreprises multinationales dont GNL-Québec n’est que le paravent», a déclaré Dominic Champagne, du Pacte pour la transition.

«On a mieux à faire que de s’enfoncer dans les énergies sales. Dans l’urgence climatique où on se trouve, ce projet-là ne tient pas la route», a ajouté M. Champagne.

Dans un communiqué, le collectif «Gazoduq, parlons-en!», la Coalition Fjord et Le Pacte pour la transition rappellent que plus de 150 scientifiques ont déjà publiquement appelé à rejeter le projet.

«L’évaluation des experts détermine sans ambiguïtés que ce projet ajouterait 320 passages de navires méthaniers par année dans le parc marin du Fjord du Saguenay, affectant les bélugas et plusieurs autres espèces marines protégées», écrivent-ils.

Selon eux, de l’extraction jusqu’à la consommation du gaz, le projet émettrait un minimum de 46 millions de tonnes de gaz à effet de serre, «ce qui équivaudrait à annuler en une seule année l’essentiel des réductions d’émissions du Québec depuis 1990».

Dans la vidéo, on entend notamment les voix des scientifiques Marc Brullemans et Lucie Sauvé, ainsi que les artistes Édith Cochrane, Raoul Duguay, Louise Latraverse, l’auteur Michel Marc Bouchard, Véronique Côté et Gabrielle Côté, Serge Bouchard, la poétesse innue Joséphine Bacon, l'artiste innue Katia Rock, Dominique Rankin, ainsi que les médecins Éric Notebaert et Anne-Sara Briand.

La campagne a également pour but d’inviter les citoyens à signer une pétition contre le projet gazier qui a déjà atteint les 40 000 signatures.

GNL-Québec, qui développe le projet d’usine d’Énergie Saguenay, a aussi réagi par communiqué jeudi en disant être au fait que «le débat entourant l’environnement et les grands projets est très émotif et nous comprenons la situation», a-t-on précisé dans une déclaration.

Rappelons que le projet Énergie Saguenay consiste en la construction d'une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay, laquelle serait alimentée par une conduite souterraine devant être aménagée par Gazoduq.

«[...] L’analyse du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) conclut que le projet Énergie Saguenay contribuera à la réduction au net de 28 millions de tonnes de gaz à effet de serre dans le monde, et ce, selon un scénario conservateur de substitution d’énergies plus polluantes comme le mazout et le charbon», a indiqué GNL-Québec.

«Le gaz naturel est une énergie en forte croissance appelée à jouer un rôle important au cours des prochaines décennies afin d’accompagner le développement des énergies renouvelables. C’est dans cette perspective que nous souhaitons offrir le GNL le moins polluant au monde», a ajouté le promoteur.