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Des craintes sur la centrale

La fermeture reportée des postes de police de quartier soulève des inquiétudes

Le projet de centrale de police a été sous les projecteurs au cours des dernières années, alors que ses coûts sont passés de 40 M$ à 72 M$ et que le terrain choisi a été abandonné, faute d’espace. Sur la photo, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, dénonce l’« improvisation » dans le dossier de la réorganisation des services policiers.
Photo Didier Debusschère Le projet de centrale de police a été sous les projecteurs au cours des dernières années, alors que ses coûts sont passés de 40 M$ à 72 M$ et que le terrain choisi a été abandonné, faute d’espace. Sur la photo, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, dénonce l’« improvisation » dans le dossier de la réorganisation des services policiers.

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L’opposition crie à l’« improvisation » et exige des explications du maire de Québec au sujet de la fermeture reportée de deux postes de police d’arrondissement.

La Ville a confirmé vendredi matin que les fermetures des postes de police d’arrondissement de La Haute-Saint-Charles et de Charlesbourg, qui devaient se faire cet automne dans le cadre de la réorganisation du service de patrouille, ne prendront pas effet avant mai prochain.

Les deux partis d’opposition ont dénoncé en chœur l’« improvisation » dans le dossier de la réorganisation des services policiers. Le syndicat demande quant à lui des réponses rapidement.

Pour le chef syndical Marc Richard, il serait nettement préférable d’attendre la construction du nouvel édifice avant de transférer les effectifs. « On a des raisons de croire que déménager les gens à Victoria, c’est complexe. »

Les conseillers Jean-François Gosselin et Jean Rousseau se font l’écho de ces demandes et exhortent la Ville de Québec de mettre sur la glace le déménagement des effectifs vers la centrale Victoria, qui est vétuste, le temps de faire la lumière sur le dossier qui traîne en longueur.

Le maire muet

Le cabinet du maire, Régis Labeaume, n’a pas souhaité commenter vendredi. « Le dossier suit son cours », a répondu le porte-parole Paul-Christian Nolin.

C’est le directeur adjoint du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Jocelyn Bélanger, qui a répondu aux médias. Pour lui, il s’agit simplement d’une question de ressources humaines.

Si on retarde le déménagement à Victoria, c’est qu’« on ne voulait pas précipiter les choses avec nos employés ». Le SPVQ voulait prendre le temps de rencontrer chacun d’entre eux avant de procéder.

En juin, le chef de police, Robert Pigeon, avait annoncé l’achat par la Ville d’un nouveau terrain pour la future centrale de police après que le premier, acheté dans Lebourgneuf, ait été abandonné parce qu’il ne répondait pas aux besoins en espaces du SPVQ.

Le futur bâtiment sera situé sur le boulevard Louis-XIV, le long de l’autoroute Laurentienne. L’échéancier du projet demeure pour le moment flou. Le SPVQ mettra en place son nouveau déploiement d’effectifs en 2020 et espère entrer dans ses nouveaux locaux à la fin de 2022.

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, exige la tenue du comité plénier promis depuis un an sur cette question, mais surtout des explications du maire lui-même, qui a pris le dossier sous son aile après le départ fracassant de son ancien bras droit Jonatan Julien.

Jean Rousseau, de Démocratie Québec, craint quant à lui un nouveau « fiasco ».

Retard de six mois pour F.X.-Drolet

Quant au poste de quartier qui doit être aménagé dans l’édifice F.X.-Drolet, dans Saint-Roch, il accuse un retard de six mois, confirme la Ville. On veut y aménager la cour municipale et un centre de détention.

Les délais sont causés par le ministère de l’Environnement, qui doit donner ses indications sur la méthode de décontamination des sols, explique le porte-parole. Une situation qui inquiète également les deux oppositions.

Ce qu’ils ont dit

« On souhaite que les gens puissent rester à l’intérieur de leur bâtisse le temps que la construction d’un nouveau poste soit faite. »

— Marc Richard, président de la Fraternité des policiers de la Ville de Québec

« On revit le cauchemar de la perte du site sur Pierre-Bertrand. Je suis frustré pour les citoyens. Ils s’attendent à avoir des informations claires sur l’avenir de leur corps policier. »

— Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec

« Est-ce que c’est ça les grands talents de gestionnaire de Régis Labeaume ? On a plus de confusion dans le dossier. »

— Jean-François Gosselin, chef de l’opposition, Québec 21