/sports/racing
Navigation

Marathon de Montréal: des coureurs trichent pour se qualifier à d’autres événements prestigieux

Marathon de Montréal: des coureurs trichent pour se qualifier à d’autres événements prestigieux
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Des coureurs sont disqualifiés chaque année au Marathon de Montréal parce qu'ils trichent dans le but de se qualifier pour participer à des événements prestigieux comme le Marathon de Boston.  

Certains sautent discrètement dans une voiture ou sur un vélo avant de réintégrer le trajet quelques kilomètres plus loin. D’autres empruntent des «raccourcis». Certains font porter leur dossard micropucé par ce qu’on appelle dans le jargon «un lapin», un athlète plus performant qu’eux.  

Les organisateurs du Marathon Oasis de Montréal, qui se déroule ce week-end, ont conscience du phénomène et demeurent aux aguets. En 2018, huit des 2394 participants au 42,2 km et 21 des 8661 participants au demi-marathon ont été disqualifiés. Il ne s'agit toutefois pas toujours de cas de triche, a précisé la responsable des relations publiques pour le Marathon, Josée Massicotte.  

Derrière un poste de contrôle, un spécialiste observe les temps de passage des coureurs et reçoit des alertes instantanées en cas de résultats suspects, explique le producteur du marathon, Dominique Piché.  

«Si ça dit qu’untel s’est soudainement mis à courir plus vite qu’un [athlète olympique] pendant juste une portion de la course, c’est louche, alors on le garde à l’œil», a dit l'ancien policier.  

Exemples de triche  

Les coureurs d’élite – souvent venus d’Afrique – qui convoitent les 50 000$ décernés en bourse sont scrupuleusement identifiés et contrôlés. Pour les quelque 3000 autres inscrits, les mesures sont plus relax. Or certains sont prêts à tout pour se tailler une place au Marathon de Boston, qui exige un haut niveau de performance.  

Les exemples ne manquent pas. Le marathonien émérite Michel Cusson dit avoir interpellé un coureur après s'être rendu compte qu'il avait triché à Montréal en coupant environ 3 km du parcours en vue de se qualifier pour la grande course de Boston, devenue une manifestation quasiment sacrée après les attentats à la bombe de 2013.  

La propriétaire du Café Sepia sur le Plateau-Mont-Royal, Geneviève Guay, dit avoir écrit aux organisateurs du Marathon de Montréal en 2017 pour faire disqualifier un jeune homme qui courait sous un nom féminin et qui s’était classé premier dans la catégorie des femmes de 55 à 59 ans.  

Grâce aux photos de l’événement, la fausse «quinquagénaire» a été disqualifiée.  

Facile  

Le marathonien et triathlonien Éric Noël a déjà été témoin d’une tricherie en 2016. Court-circuiter le parcours à Montréal n’est pas difficile, selon lui. «Vers le bout d’Hochelaga, il y a un long aller-retour sur la même rue. Tu fais semblant d’avoir une crampe et tu ralentis un peu. Quand ça fait un petit bout que t’es au milieu de la rue, personne ne sait si tu allais ou revenais. Alors, tu prends le chemin du retour.»  

Si jamais l’organisation décide d’installer un tapis détecteur au bout de la boucle, les tricheurs seront plus facilement détectés.  

Cas internationaux  

Montréal est loin d'être le seul endroit où de telles tricheries prennent place. Cet été, le Marathon de Los Angeles a disqualifié son «recordman» chez les 70 ans et plus, Frank Meza, accusé d’avoir pris un raccourci.  

Selon le magazine Running, le Marathon de Mexico avait disqualifié quelque 13 000 tricheurs en 2018, mais, à la suite de mesures dissuasives, n'en a disqualifié que 2000 cette année.