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Julien Lacroix: passer aux choses sérieuses

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Julien Lacroix a travaillé avec la metteuse en scène Marie-Christine Lachance (François Bellefeuille, Martin Petit) et l’auteur Olivier Thivierge (François Bellefeuille, Simon Leblanc) pour son premier spectacle solo.

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Après un an de rodage, Julien Lacroix est enfin prêt à présenter son premier spectacle solo, Jusqu’ici tout va bien. L’exercice n’a pas été de tout repos pour le touche-à-tout de 26 ans.

C’est un Julien Lacroix blond et svelte qui nous accueille pour l’entrevue, au Studio Bizz, sur le Plateau-Mont-Royal. Depuis presque trois mois, l’humoriste passe de longues heures dans ce local de répétition, en compagnie de Marie-Christine Lachance (mise en scène) et Olivier Thivierge (textes).

« Je n’étais pas fan de répéter sans public, au début, admet-il. Mais depuis un mois, je pratique mon jeu de scène et je vois la différence. J’assume maintenant de jouer certains trucs et c’est vraiment plus payant. » Au moment de notre rencontre, la première médiatique montréalaise s’en venait une dizaine de jours plus tard. Et pour l’une des rares fois de sa jeune carrière, Julien Lacroix avouait être stressé « en amont ». « Je viens de finir un rush de tournage et d’écriture, et ça m’a frappé. D’habitude, je me garde étourdi avec quelques autres affaires. Mais je suis confiant pour le show. »

Pour les adultes

Son spectacle, il l’a déjà joué plus de 120 fois à la grandeur de la province. Et c’est sans compter ses centaines d’apparitions dans les différentes soirées d’humour de la métropole.

« On a rodé en chien ! C’est drainant. Mais le lendemain, je vois la différence que ça fait. Il faut travailler fort pour arriver à un résultat vraiment bon. »

Il y a quelques mois, Julien et son équipe ont pris la décision de ne plus faire de projets jeunesse. Très présent à VRAK jusque-là, l’humoriste voulait ainsi rejoindre un public plus âgé, car son spectacle s’adresse aux adultes. Et le plan a fonctionné.

« Depuis cinq mois, je vois la transition dans les salles, dit-il. J’ai 26 ans, et les jeunes de 13 ans qui m’ont vu sur internet, mon spectacle les rejoint moins. C’est drôle parce qu’avant ça, beaucoup de gens venaient avec leur ado. Et finalement, le parent riait plus que le jeune ! »

Sans méchanceté

Autant sur le web que dans ses différentes apparitions à la télévision et à la radio, Julien Lacroix a développé un personnage un peu « imbécile heureux » qui lui permet d’aller plutôt loin dans ses propos.

« Les gens lui pardonnent ce qu’il dit, car il n’a aucune once de méchanceté », remarque son gérant, Alexis Poulin.

Au fait, pourquoi le comique arbore-t-il une coiffure avec des mèches blondes lors de l’entrevue ? « C’est pour Le Projet 2000, répond-il à propos de cette série produite par KOTV qui sera diffusée à l’hiver. Je vais être blond à ma première ! (rires) » Et son physique plus svelte, comment l’explique-t-il ? « Quand t’arrêtes de faire des bars, ça paraît, répond-il. T’es payé en bière... Je me suis pris en main, j’ai bien mangé et fait de l’exercice. J’ai recommencé à me lever plus tôt. J’ai dû perdre 20 livres. »

« C’est au début du rodage que j’ai décidé de me prendre en main. Je me suis dit qu’avec le spectacle, je tombais dans la cour des grands. Il fallait que je sois malin. J’ai beaucoup plus d’énergie depuis ! »


► Julien Lacroix présentera son spectacle Jusqu’ici tout va bien lundi et mardi, au Monument-National de Montréal. Il sera aussi à la Salle Albert-Rousseau de Québec, les 1er et 2 octobre. Pour toutes les dates : julienlacroix.ca.

Julien Lacroix sur...

♦ Le Monument-National, où il fera sa première montréalaise

« La première fois que j’ai fait une grosse salle à Montréal, c’était là, avec le Zoofest. J’ai aussi déjà fait Le National, avec Mehdi (Bousaidan). C’est une salle quand même cool, mais les sièges datent de La Bolduc. »

♦ Les critiques de son film, Mon ami Walid, qu’il a fait avec Adib Alkhalidey

« Il y en a eu quelques mauvaises, mais ça ne m’a pas vraiment dérangé. C’était un premier film, avec 80 000 $, tourné en 10 jours. C’était sûr que ce ne serait pas un sans-faute. Mais je suis encore vraiment fier de ce qu’on a fait. Adib et moi, on travaille déjà sur un prochain film, mais le tournage ne sera pas avant l’été 2021. »

♦ Sa façon de gérer le succès

« Quand j’ai gagné trois Olivier (en décembre 2017), ça m’a donné une crédibilité. Mais le succès, c’est weird. T’apprends sur le tas. Je ne vais plus dans les bars maintenant, car les gens ont mon âge et un cellulaire, ça se sort vite. J’avais déjà demandé à Louis-José (Houde) comment il avait géré ça, à son premier spectacle, et il m’avait dit que la plus grosse différence avec aujourd’hui, c’est qu’il n’y avait pas de cellulaires dans les bars. »