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La péninsule Antarctique: de montagnes et de glaces

La péninsule Antarctique: de montagnes et de glaces
Photo courtoisie, Benjamin Dy

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À l’extrémité méridionale de l’Amérique du Sud, quelque mille kilomètres séparent le cap Horn du nord de la péninsule Antarctique, comme une porte d’entrée sur l’immense continent blanc. Cernée par l’océan, cette péninsule est la zone la plus accessible de ce continent de 14 millions de km², recouvert à 98 % de glace. Ces deux extrémités terrestres sont séparées par le passage de Drake de l’océan Austral, qui offre parmi les pires conditions maritimes de la planète. Mais le voyage en vaut la peine.

Iceberg en mer de Weddell
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Iceberg en mer de Weddell

 

La péninsule Antarctique bénéficie des températures les plus clémentes du continent et sa beauté est à couper le souffle.

Sur sa côte ouest, la faune y est abondante et les paysages grandioses. Ici, les hauts sommets enneigés côtoient l’environnement maritime dans une blancheur immaculée. La péninsule Antarctique, qui représente la continuité géographique de la cordillère des Andes, possède de nombreux sommets qui s’élèvent à des altitudes atteignant les 2800 mètres.

Un phoque crabier
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Un phoque crabier

Dans les innombrables passages situés entre les îles et la côte continentale, les silhouettes d’icebergs rougeoyantes dans les lumières de fin de journée sont d’une beauté saisissante. Sur les parois escarpées des hautes altitudes, les avalanches succèdent aux chutes des fronts de glaciers qui libèrent leurs icebergs dans des eaux translucides et glacées du littoral.

Un phoque crabier
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Un phoque crabier

Vie sauvage

Les eaux glaciales de la péninsule Antarctique sont également un haut lieu pour l’alimentation des mammifères marins et le littoral, une place de prédilection pour la nidification de différentes espèces de manchots. Dans les magnifiques baies de cette région, les baleines à bosse et les rorquals de Minke sont nombreux à se nourrir de krill.

Pétrel antarctique
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Pétrel antarctique

Les colonies de manchots papous, Adélie et à jugulaire se trouvent dans la région directe du rivage. Il est possible d’observer leurs incessantes allées et venues entre leurs colonies de reproduction estivale et l’océan glacial où ils partent à la recherche de nourriture. Ces oiseaux sont plus agiles sous l’eau que sur terre. Leur plumage, constitué de trois épaisseurs successives de courtes plumes rigides, assure 80 % de leur isolation thermique. Ce merveilleux manteau est complété par une épaisse couche de graisse qui leur permet de tolérer les températures froides de l’eau.

Ici et là, de petites colonies d’éléphants de mer se reposent sur le littoral après avoir parcouru les profondeurs de l’océan à la recherche de calmars et de poissons.

Manchot à jugulaire
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Manchot à jugulaire

Les phoques crabiers, à l’inverse des phoques de Weddell plus solitaires, se rassemblent par dizaines sur la banquise des baies ou les plaques de glaces dérivantes. Ces phoques extrêmement sociables représentent l’espèce de phocidés la plus abondante sur terre avec quelque 15 à 50 millions d’individus. Extrêmement inféodée aux glaces et à l’Antarctique, cette espèce se nourrit à 98 % de krill antarctique. Ce krill, à la base de la chaîne trophique de l’océan Austral, est un petit crustacé d’environ 5 à 6 cm de long, d’environ 2 grammes, et dont la longévité est de 5 à 6 ans. Il vit cependant en essaims gigantesques de parfois plusieurs millions de tonnes et qui peuvent s’étendre sur des centaines de kilomètres carrés. À ce titre, le krill antarctique représente une des espèces animales dont la biomasse est la plus importante sur Terre avec environ 650 millions de tonnes dans l’océan Austral.

Un manchot Adélie
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Un manchot Adélie

Milieu marin

Dans ce décor polaire de bout du monde, où l’épaisseur de la glace continentale peut atteindre jusqu’à 4700 mètres par endroit, la vie se concentre naturellement sur le littoral. Elle est intimement liée au milieu marin et à la richesse de l’océan Austral qui lui fournit l’ensemble de la productivité biologique nécessaire à son émancipation.

L’ensemble de ces colonies d’oiseaux et populations de mammifères marins en dépend.

Un lieu grandiose que tout passionné de la vie sauvage devrait visiter un jour. Assurément.


► Benjamin Dy est biologiste et ­photographe de faune sauvage. Il prend plaisir à parcourir des territoires peu explorés.