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La jeunesse rock’n’roll de Louis Bélanger

Vivre à 100 milles à l'heure
Photo courtoisie, Les Films Opale Louis Bélanger (à gauche) en compagnie de trois des acteurs principaux de Vivre à 100 milles à l’heure : Antoine L’Écuyer, Rémi Goulet et Félix-Antoine Cantin. 

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Louis Bélanger dit avoir toujours eu beaucoup de succès quand il racontait à ses amis des anecdotes de son adolescence turbulente à Québec, dans les années 1970 et 1980. Dans son nouveau film, la comédie dramatique Vivre à 100 milles à l’heure, le cinéaste a poussé l’audace un peu plus loin en transposant librement à l’écran certains de ces souvenirs et frasques qui ont marqué sa jeunesse.

« C’est un projet qui me trottait dans la tête depuis un certain temps », dit Louis Bélanger, en entrevue au Journal.

« Quand je racontais des histoires de mon adolescence, je voyais bien que le monde riait et disait : ben voyons donc, ça t’est vraiment arrivé ? Je sentais qu’il y avait quelque chose d’intéressant là-dedans. Et un peu comme je l’ai fait avec Gaz Bar Blues [son deuxième long métrage], j’ai laissé resurgir ces souvenirs-là. Ensuite, il a fallu les agencer et rajouter des mensonges pour en faire une œuvre de fiction.

« Mais l’idée première n’était pas de parler de ma vie. Je voulais plutôt me servir de cela pour faire un film sur le coming of age [le passage de l’adolescence à l’âge adulte]. C’est aussi un film sur l’amitié avec les hauts et les bas de cela. »

Vivre vite

Campé dans la ville de Québec des années 1970 et 1980, Vivre à 100 milles à l’heure suit donc le parcours de trois amis inséparables, Louis, Éric et Daniel, de leurs premiers mauvais coups quand ils étaient enfants à leur entrée dans le monde des adultes, alors qu’ils ont choisi de suivre la voie du petit crime organisé. Les trois adolescents commenceront en vendant un peu de pot à l’école secondaire, avant de se laisser entraîner par l’appât du gain dans la vente de drogues plus fortes.

« Le personnage de Louis le dit très bien dans le film : il était bien parti pour mal finir, souligne Louis Bélanger. J’ai eu une adolescence assez rock’n’roll et je dis souvent que l’art et l’éducation ont été des bouées de sauvetage pour moi. Comme le titre l’indique, ce sont des jeunes qui veulent vivre vite. Il y en a certains qui vont se brûler les ailes et il y en a d’autres qui vont mieux s’en sortir. Pour moi, le cégep a été une vraie bouée de sauvetage. »

Louis Bélanger s’est compliqué la tâche en mettant en scène une bande d’amis à différentes étapes de leur enfance et de leur adolescence. Ainsi, chacun des personnages principaux a été incarné par trois différents acteurs : un enfant, un adolescent et un jeune adulte.

Pour le personnage de Louis, c’est l’acteur Rémi Goulet (Junior Majeur) qui a été choisi pour le camper à l’âge adulte. Et la ressemblance avec le vrai Louis Bélanger est frappante : « C’est troublant, admet le cinéaste de 55 ans. C’est une amie qui m’a suggéré de regarder ce jeune acteur-là. Quand j’ai vu Rémi entrer dans la salle pour l’audition, je me suis dit : oh boy... C’est vrai que quand j’avais cet âge-là et plus de cheveux, je lui ressemblais. »

Nostalgie

La nostalgie a aussi été une inspiration pour Louis Bélanger. Le réalisateur de Route 132 et Les mauvaises herbes dit avoir eu beaucoup de plaisir à revisiter le Québec des années 1970 et 1980 :

« C’est le fun pour un cinéaste de recréer des époques, des lieux et des atmosphères. Je pense que le film va interpeller les gens qui ont connu cette époque-là, mais il va aussi parler aux jeunes d’aujourd’hui. Je trouve que les films pour adolescents nous ramènent souvent à des questions hormonales. Il est souvent question de dépucelage ou d’intimidation à l’école. Dans mon film, on parle d’aucun de ces sujets.

« C’est sûr que les filles me préoccupaient quand j’étais ado. Mais je n’étais pas obnubilé par cela. J’avais bien plus hâte de partir sur le pouce à Montréal pour aller voir Frank Zappa au Forum. J’avais aussi hâte d’être grand, pour avoir mon appartement avec ma bibliothèque et mon système de son. C’est surtout ça que je voulais. Dans les films d’ados d’aujourd’hui, on voit surtout des gars qui pensent à perdre leur virginité. C’est correct qu’on fasse des films là dessus. Mais je ne veux pas qu’on réduise l’adolescence uniquement à cela. »


♦ Le film Vivre à 100 milles à l’heure prend l’affiche le 27 septembre.