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La présence de forces étrangères dans le Golfe accroît l'«insécurité», dit Rohani

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L'Iran a dénoncé dimanche la présence de «forces étrangères» dans le Golfe et annoncé la présentation à l'ONU cette semaine d'un plan de coopération régionale, «endogène», sur la sécurité de ce bras de mer crucial pour l'approvisionnement mondial de pétrole. 

La région vit un «moment sensible et d'une importance historique», a déclaré le président iranien Hassan Rohani à l'ouverture d'un défilé militaire à Téhéran alors que l'Iran est accusé par Washington et Ryad d'être derrière les attaques ayant visé deux installations pétrolière majeures en Arabie saoudite le 14 septembre. 

L'Iran nie toute responsabilité dans ces raids menés par voie aérienne et revendiqués par des rebelles yéménites. Mais dénonçant une «escalade spectaculaire de l'agression iranienne», le ministre de la Défense américain, Mark Esper a annoncé vendredi le déploiement dans le Golfe de nouvelles forces américaines, assurant qu'elles seraient «défensives par nature». 

Après avoir évoqué la possibilité d'une riposte militaire, le gouvernement du président américain Donald Trump a calmé le jeu, privilégiant la «retenue» et une «solution pacifique», et annonçant de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran. 

M. Rohani a assuré une nouvelle fois dimanche que la «résistance et l'unité» du peuple iranien viendraient à bout du «terrorisme économique» de Washington.

«Insécurité et malheur»

Dénonçant la présence de «forces étrangères» ayant «toujours apporté douleur et malheur dans la région», M. Rohani a lancé a l'intention des Américains et de leurs alliés occidentaux: «plus vous vous tiendrez éloignés de notre région, plus celle-ci connaîtra la sécurité». 

«De notre point de vue, la sécurité du golfe Persique vient de l'intérieur. La sécurité du golfe Persique est endogène, la sécurité du détroit d'Ormuz est endogène. Les forces étrangères sont source de problème et d’insécurité pour notre peuple et pour la région», a-t-il affirmé. 

La République islamique marque chaque 22 septembre la journée de la Défense sacrée, qui commémore le déclenchement par Bagdad de la guerre Iran-Irak (1980-1988). 

Tendant une nouvelle fois «la main de l'amitié et de la fraternité» aux autres pays riverains du Golfe et disant être prêt «à ne pas tenir compte des erreurs passées» des pays de la région avec lesquels l'Iran a des différends, M. Rohani a annoncé qu'il comptait présenter «dans les prochains jours» à l'ONU un plan de coopération régionale destiné à assurer la sécurité du Golfe, du détroit d'Ormuz et de la mer d'Oman «avec l'aide des pays de la région». 

Une fois son discours terminé, M. Rohani, entouré des principaux responsables militaires du pays, a salué les troupes qui ont défilé devant lui, fantassins, véhicules, blindés, tanks et missiles.  

Le président iranien devrait prendre la parole au nom de l'Iran mercredi à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Il n'a pas donné plus de détail sur son initiative de sécurité régionale dimanche.

Déploiement «modéré»

Les tensions n'ont cessé de croître entre Téhéran et Washington depuis le retrait américain unilatéral en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran. 

Washington et Téhéran ont frôlé l'affrontement militaire direct en juin. M. Trump avait dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes après que la République islamique eut abattu un drone américain dans la zone du détroit d'Ormuz. 

Les attaques du 14 septembre ont réduit la production de pétrole saoudienne, entraîné une flambée des prix de l'or noir et ravivé les craintes d'un conflit militaire entre les Etats-Unis et l'Iran. 

Selon Washington, le nouveau déploiement de troupes américaines dans la région du Golfe est «une première mesure» en réponse aux attaques du 14 septembre, à la demande de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Le nombre de troupes et l'équipement envoyés n'ont pas été décidés, mais il s'agira d'un déploiement «modéré», d'après l'état-major américain. 

Samedi, le général de division Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, a prévenu que tout pays qui attaquerait l'Iran verrait son territoire devenir le «principal champ de bataille». 

«Nous ne permettrons jamais qu'une guerre empiète sur le territoire de l'Iran», a ajouté l'officier, parlant à l'occasion de l'inauguration d'une exposition au cours de laquelle ont été dévoilés les débris du drone américain RQ-4 Global Hawk abattu en juin, ainsi qu'un autre appareil sans pilote américain (RQ-170 Sentinel) récupéré intact en 2011.