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«L’État»: confrontation éditoriale

Les comédiens Robert Lalonde et Louise Laprade.
Photo courtoisie, Théâtre Denise-Pelletier Les comédiens Robert Lalonde et Louise Laprade.

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Tandis que le pays se trouve en pleine campagne électorale fédérale, voilà que le théâtre se mêle de la partie avec une pièce où un scandale politique éclate à la veille d’une élection. Les spectateurs assisteront aux confrontations entre un éditeur et une journaliste, qui sont en désaccord, chacun véhiculant des idées opposées sur une question d’éthique journalistique.

Est-ce que toute la vérité doit être dite par la presse ? Voilà la véritable question que pose la pièce L’État, qui s’avère être le nom du journal. Si tous les journalistes répondront par l’affirmative à cette question, il semblerait que certains jugent qu’il devrait en être autrement.

La pièce est campée à la veille du scrutin au Québec. Celui qui était le ministre de la Sécurité publique, que l’on verra via des projections, aspire à devenir premier ministre, mais les sondages lui sont défavorables.

« L’enjeu de la pièce est principalement une prise de bec entre deux personnages en lien avec un scandale », lance le comédien Robert Lalonde qui interprète le rédacteur en chef, éditeur et patron du journal L’État et qui partage la vedette sur scène avec Louise Laprade qui campe une journaliste éditorialiste.

Éditeur et journaliste ne partagent pas le même point de vue. Pour compliquer un peu les choses, cet homme et cette femme formaient auparavant un couple. « Elle est la journaliste vedette du journal, elle est très brillante et vaguement névrotique », annonce Robert Lalonde. « Ils sont séparés depuis 40 ans, mais ils s’aiment toujours, ils éprouvent surtout de l’admiration l’un pour l’autre. »

Chantage et manipulation

On comprendra alors que l’aspirant premier ministre exercera des pressions sur la journaliste Solange Speilmann (Louise Laprade) dans l’espoir de faire mentir les sondages.

Du coup, journaliste et patron de presse font face à un dilemme. Solange se trouve mêlée à un scandale qui éclabousserait le futur premier ministre si la vérité était dévoilée dans les médias. « L’éditorialiste souhaite révéler la vérité au grand jour », confie le comédien qui ajoute que pour différentes raisons, le fait de publier cette nouvelle pourrait être synonyme de la fin du journal. Ainsi, l’éditeur préfère passer le scandale sous silence.

Toute la vérité

Outre l’enjeu en lien avec la publication du scandale politique, on apprend également que les deux principaux personnages ont un lien dans cette affaire. « L’éditeur aussi risque d’être éclaboussé dans cette histoire, si la nouvelle venait à sortir », souligne l’acteur. Plusieurs questions se posent à savoir s’il serait possible de ne révéler qu’une partie de la vérité. Et puis, est-ce que l’on cède au chantage, ou est-ce que l’on se tient debout ? Le dénouement de la pièce le dira.


► Robert Lalonde qui vient de faire paraître son 29e livre, Fais ta guerre, fais ta joie, sera de nouveau sur les planches dans la pièce Les 3 sœurs, d’Anton Tchekhov, présentée sur la scène du TNM en mars prochain.

 

L’État

  • Auteur : Normand Canac-Marquis
  • Metteure en scène : Martine Beaulne
  • Distribution : Josée Gagnon, Monique Gauvin, Robert Lalonde et Louise Laprade
  • Du 24 septembre au 12 octobre
  • Au Théâtre Denise-Pelletier (Salle Fred-Barry)