/news/provincial
Navigation

Labeaume toujours en froid avec la direction de l’aéroport

Coup d'oeil sur cet article

Toujours inflexible, Régis Labeaume refuse de soumettre de nouvelles candidatures pour le CA de l’aéroport. Le maire de Québec exige l’embauche de Denis Leclerc et Claude Choquette, «deux gars solides» qui risquent d’être «fatigants» pour les gestionnaires en place.

Les règles de gouvernance de l’aéroport, critiquées ouvertement par le maire depuis des mois, stipulent que les proposants municipaux, comme la Ville de Québec, doivent soumettre trois candidatures pour chaque poste vacant au CA. 

Or, depuis des mois, le maire Régis Labeaume refuse obstinément de se soumettre à cette règle et il n’a visiblement pas l’intention de changer d’idée. «Ça n’arrivera pas... Je ne veux pas nommer n’importe qui. On veut que l’aéroport fonctionne. Pour nous, c’est une infrastructure importante. On a d’énormes questions sur leur gestion. La preuve, c’est que l’aéroport est vide, généralement», a-t-il laissé tomber lundi, en marge d’un point de presse au Centre Mgr-Marcoux. 

«La vérité, c’est que les vols internationaux périclitent depuis plusieurs années. La vérité, c’est qu’on perd à peu près 1 million de passagers à Montréal et à Plattsburgh. Comment se fait-il ? Il y a quelque chose qui ne marche pas quelque part. Pourquoi les frais sont si élevés ? C’est des questions qu’il faut poser», a renchéri le maire. 

Deux nominations incontournables

Les deux personnes de confiance qu’il a identifiées depuis des lustres pour brasser la cage des dirigeants en place sont Denis Leclerc, président du Groupe Biscuits Leclerc, et Claude Choquette, président du Groupe Le Massif. 

«Quand il faut trouver des administrateurs, je tente d’en trouver des bons; les deux que j’ai trouvés pourraient acheter l’aéroport cinq fois...Ils sont capables de se le payer personnellement. Je ne prendrai pas le président des Biscuits Leclerc puis lui dire : "Écoute mon Denis, ils vont te mettre dans un petit pot avec deux autres noms puis bonne chance pour le (tirage)". Denis Leclerc, il a d’autres choses à faire dans la vie. Il brasse des centaines de millions par année puis surtout, il a accepté parce que j’ai insisté.» 

Gouvernance de «l’âge de pierre»

«C’est la même affaire pour Claude Choquette...Ces gens-là veulent aider, ils le font parce que moi, je leur ai demandé. C’est des gars solides qui vont poser des bonnes questions, ils sont intelligents, ils sont en affaires et ils font beaucoup d’argent. Ça peut être menaçant pour un gestionnaire qui ne veut pas répondre à certaines questions... C’est pour ça qu’ils n’ont pas voulu les avoir», a accusé le maire Labeaume, critiquant la gouvernance «de l’âge de pierre» de YQB. 

Le maire espère que le nouveau président et chef de la direction de YQB, Stéphane Poirier, qui a entrepris un grand ménage au sein de la haute direction depuis son arrivée, finira par entériner le choix de la Ville de Québec. 

«J’espère que la nouvelle ère dont on parle, on aura la décence et on acceptera de travailler avec des gars très forts comme ces deux gars-là.»

La porte-parole de l’aéroport, Laurianne Lapierre, a réagi de façon laconique. «Nous demeurons déterminés à aller chercher l’engagement de toutes les parties prenantes de la région et sommes enthousiastes quant à l’avenir.»