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Le cercle de craie caucasien: moderne et audacieux

Olivier Normand signe une relecture cinématographique pour Le cercle de craie caucasien

Le cercle de craie caucasien
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Un juge ordonne la tenue d’une épreuve particulière entre une mère biologique et une mère « adoptive » pour déterminer qui obtiendra la garde de l’enfant. 

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Olivier Normand ose, prend des risques et signe des mises en scène fort intéressantes. Sa relecture du Cercle de craie caucasien de Bertold Brecht s’inscrit dans cette démarche artistique.

À l’affiche jusqu’au 12 octobre, au Trident, Le cercle de craie caucasien raconte l’histoire de deux femmes qui veulent obtenir la garde d’un enfant.

Un enfant abandonné par sa mère, dans le tumulte entourant un coup d’État et récupéré par la cuisinière Groucha, qui est incapable de laisser l’enfant sur le sol, même si on lui déconseille de le faire.

Elle récupère le bébé et s’enfuit. Groucha, poursuivie par des soldats, qui sont à la recherche de l’enfant, se lance dans un périple qui durera quatre ans. Une cavale qui prendra fin lorsque les soldats trouveront l’enfant.

La mère biologique désire reprendre le bébé qu’elle a abandonné et Groucha croit qu’il lui appartient parce qu’elle en a pris soin durant toutes ces années.

Un procès a lieu et un juge irrévérencieux propose une étrange épreuve pour régler le litige. L’enfant est placé au centre d’un cercle et celle qui tirera le plus fort sur l’enfant obtiendra la garde.

Le Cercle de craie caucasien aborde, en filigrane, tout au long du périple de Groucha, le thème de la bonté. La jeune femme cherche, auprès des gens qu'elle rencontre, de l'aide qui est parfois difficile à obtenir. Elle est souvent seule dans sa fuite.

Tout l’espace de la salle Octave-Crémazie est utilisé avec une spectaculaire passerelle, qui coupe la salle en deux et provoque une sorte d’effet 3D lorsque les comédiens y circulent et se retrouvent parmi le public.

Trame sonore

La proposition d’Olivier Normand est très cinématographique et dynamique. On est dans l’action et dans le suspense, avec des moments humoristiques.

La traversée d’un précipice, par Groucha et l’enfant, est spectaculaire, avec des effets d’éclairage, de fumée et des oiseaux menaçants qui survolent les têtes de certains spectateurs.

Il y a aussi un superbe moment, lorsque la cuisinière en cavale retrouve son amoureux, le soldat Simon Chachava, avec les comédiens de la distribution qui chantent des harmonies.

Armés d’un synthétiseur modulaire et de percussions, Josué Beaucage et Steve Hamel livrent une trame sonore vive, nerveuse, très présente et qui épouse habilement le déroulement de l’histoire.

Avec les déplacements des comédiens et le déploiement musical, certains dialogues se perdent et les comédiens crient par moments.

L’amplification des voix des comédiens pourrait être une avenue à considérer pour certaines œuvres.

Après avoir signé la superbe mise en scène du Songe d’une nuit d’été, Olivier Normand récidive avec ce qu’on pourrait appeler du théâtre cinématographique et moderne. Audacieux, moderne et réussi.