/news/provincial
Navigation

Réorganisation de la police: Labeaume banalise les retards

Réorganisation de la police: Labeaume banalise les retards
Photo Stevens Leblanc

Coup d'oeil sur cet article

Le maire Régis Labeaume approuve le report de la fermeture des postes de police de La Haute-Saint-Charles et de Charlesbourg, qui devait avoir lieu cet automne, et minimise les impacts du retard de la construction du futur poste de quartier dans Saint-Roch. 

«Pour [l’édifice] F.-X. Drolet, les travaux sont retardés parce qu’on n’a pas de permis du ministère de l’Environnement. Autrement, ça se serait passé comme on l’avait prédit alors c’est simplement une question de permis», a réagi le maire Régis Labeaume, lundi, en marge de l’inauguration du nouveau centre communautaire Monseigneur-Marcoux. 

Vendredi dernier, les partis d’opposition à l’hôtel de ville avaient dénoncé en chœur «l’improvisation» de la Ville dans le dossier de la nouvelle centrale de police et du redéploiement des effectifs. 

«L’opposition... Tout va mal, c’est toujours le cataclysme alors je n’ai rien à répondre à l’opposition», a rétorqué le maire. 

«J’ai vu le gros spectacle donné en fin de semaine, mais tout ça dépend d’un permis de l’environnement. Il n’y a rien de changé à part que ça retarde à cause du permis.» Le maire dit avoir totalement confiance en Robert Pigeon, le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), quant au déménagement des effectifs. 

«C’est eux autres qui gèrent leur affaire. Normalement, le chef est assez compétent pour prendre les bonnes décisions.» 

La Ville espère toujours, par ailleurs, livrer la nouvelle centrale sur le boulevard Louis-XIV – celle qui remplacera la vétuste centrale du parc Victoria – en 2022. «Il faut. On travaille fort là-dessus», a exprimé le maire de Québec, refusant de donner un échéancier pour le plénier réclamé par l’opposition sur le sujet. «Quand on sera prêt, on vous le dira.» 

Un enjeu qui n’intéresse pas le public? 

Interrogé de façon générale sur les nombreux ratés qui ont fait la manchette dans ce dossier, dans la foulée du départ de son ex-bras droit Jonatan Julien et de l’annonce de l’explosion des coûts du projet (qui sont passés de 40 M$ à 72 M$), le maire a banalisé la chose lundi matin. Il a même affirmé que les contribuables ne se soucient pas de cet enjeu-là, contrairement aux journalistes. 

«Personne ne me parle de ça dans la rue à part vous autres... Votre préoccupation n’est pas celle des citoyens. La police fonctionne et en passant, le chef vous l’a expliqué, maintenant les bureaux seront dans les voitures. Ça, c’est un concept totalement différent. On peut bien parler beaucoup des bâtisses, mais on est dans une nouvelle ère», a déclaré le maire.

L’incertitude persiste

Loin d’être rassurés par les déclarations du maire en matinée, le chef de l’opposition Jean-François Gosselin et le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, concluent que le maire «ne sait pas où il s’en va» avec ce dossier qu’il avait pourtant repris personnellement, après avoir reproché publiquement à Jonatan Julien de l’avoir «échappé».

«Ça n’avance pas, ça traîne, ça piétine. On doit tenir le comité plénier le plus rapidement possible. Il dit que ça fait un an qu’il travaille là-dessus. Ils font quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Le maire n’est aucunement en contrôle de son dossier. Il repousse ça sur le ministère de l’Environnement et le chef Pigeon. Ça intéresse les citoyens, c’est 80 M$ à la charge des citoyens de la Ville de Québec», a réagi M. Gosselin en après-midi.

«Les citoyens méritent mieux», a renchéri M. Rousseau. «À Québec, le slogan devrait être : "Payez vos taxes et fermez vos gueules !" Voyons donc... Les citoyens ont des attentes. C’est normal qu’on leur réponde.»