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TSO3 avalée par l’américaine Stryker

Le PDG de TSO3, Ric Rumble, a présidé l'assemblée extraordinaire des actionnaires sans prononcer un seul mot de français.
Photo Francis Halin Le PDG de TSO3, Ric Rumble, a présidé l'assemblée extraordinaire des actionnaires sans prononcer un seul mot de français.

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La biotech québécoise TSO3, détenue à 10 % par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), a été vendue lundi à l’américaine Stryker, sans que son PDG puisse garantir que les emplois resteront au Québec.

« Je ne peux pas le dire. Ce n’est pas mon travail. Ce n’est pas ma responsabilité », a répondu au Journal le PDG de TSO3, Ric Rumble, quand on lui a demandé si les employés de l’entreprise de Québec garderont leur emploi.

Plus de 75 % des actionnaires de la société de stérilisation de dispositifs médicaux ont accepté, lundi, l’offre de 43 cents l’action faite par Stryker. Le géant américain valorisé à plus de 82 milliards US $ n’a fait qu’une bouchée de l’entreprise québécoise, qui vaut à peine plus de 40 M$ en Bourse.

Vives Inquiétudes

Or, rien ne garantit que le siège social et les employés de TSO3 vont demeurer ici. « Si vous lisez la circulaire, vous verrez que Stryker va garder les employés pour un an au moins », s’est limité à dire à ce sujet Ric Rumble.

Après l’assemblée, l’actionnaire de TSO3 Robert Lalonde n’a pas manqué de décocher une flèche au gouvernement Legault, qui devrait en faire plus, selon lui, pour garder les brevets de sociétés québécoises.

« Je suis déçu que la Caisse ne se soit pas plus impliquée que ça. J’aurais aimé qu’ils réagissent, qu’ils regardent avec M. Rumble pour faire une deuxième émission d’actions pour aller chercher le financement nécessaire », a-t-il ajouté.

Au cours des derniers jours, la direction de TSO3 avait fait pression sur les actionnaires pour qu’ils votent en faveur de la vente. Sans quoi une importante restructuration était envisagée.

Lundi, à Québec, des employés ont confié au Journal être inquiets de la situation. Ils ne croient pas que le siège social va rester dans la capitale et espèrent en savoir plus des nouveaux patrons au cours des prochains jours.

« C’est certain qu’on souhaite que TSO3 reste à Québec », a dit un travailleur. « C’est une propriété intellectuelle québécoise, il faut la conserver », a ajouté l’un de ses collègues.

Les employés ont cependant été avares de commentaires parce qu’ils avaient eu comme consigne de la direction de ne pas commenter le dossier.