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Tuée par un autobus en allant au travail

Ses amies qui l’adoraient supplient les automobilistes et les piétons d’être plus vigilants dans les rues

Dans l’ordre, Yolande Naggar, Lydie Lonméné et Danielle Noldus ont tenu à rendre hommage à leur défunte collègue et amie Bernadette Boulé, 51 ans, décédée le 26 août.
Photo Jonathan Tremblay Dans l’ordre, Yolande Naggar, Lydie Lonméné et Danielle Noldus ont tenu à rendre hommage à leur défunte collègue et amie Bernadette Boulé, 51 ans, décédée le 26 août.

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Les amies d’une Montréalaise de 51 ans décédée après avoir été frappée par un autobus au petit matin supplient les automobilistes et les piétons d’être plus prudents.  

«Parfois, des gens tournent et ne regardent même pas», s’insurge avec émotion Danielle Noldus, ancienne patronne et amie de Bernadette Boulé, qui a perdu la vie le 26 août dernier.  

Ce matin-là, vers 5 h 30, cette dernière était en chemin vers la garderie où elle travaillait à temps partiel comme éducatrice. Il s’agit habituellement de l’heure à laquelle la circulation commence à s’animer.  

Collision fatale  

Alors que Mme Boulé s’était engagée pour traverser la chaussée, à l’angle de la rue Sauvé Est et du boulevard Saint-Laurent, un autobus de la Société de transport de Montréal l’a happée de plein fouet.  

Une enquête est en cours pour tenter d’expliquer les causes de l’accident et établir à qui la signalisation donnait priorité lors de la collision.  

Les amies de la défunte, à qui elle écrivait quotidiennement, se sont vite enquises de son état quand elles ont réalisé son absence, le jour du drame.  

«Elle devait travailler avec moi en après-midi. Je savais que ce n’était pas normal», se remémore sa partenaire d’affaires  

Yolande Naggar, qui peine encore à le croire. Les deux femmes avaient amorcé plusieurs projets créatifs ensemble.  

Quand elle se replonge dans le contexte de l’accident, sa bonne amie ne peut s’empêcher de culpabiliser.  

«La vie est injuste. Est-ce que je lui en demandais trop?» se questionne-t-elle. Elle se demande si sa grande amie a pu être distraite, sachant qu’elle venait tout juste de déménager.  

Fatiguée, mais alerte  

Danielle Noldus, qui épaule Mme Naggar dans cette épreuve, n’en croit rien.  

«Elle était fatiguée, mais très alerte. Il faut vraiment l’être [pour éviter les accidents], poursuit-elle, évoquant la prudence habituelle de son employée, en qui elle avait une entière confiance. Mes clients l’adoraient. C’est une grande perte.»  

Selon ses trois amies, Mme Boulé, une femme «de cœur» d’origine française décrite comme fort positive, arrivait à un tournant de sa vie. Elle devait incessamment quitter son emploi afin de se consacrer à ses activités préférées.  

Conférences, activités préscolaires, peintures, écriture : cette multidisciplinaire touchait à tout, assurent ses proches.  

Mais c’est son rire qui restera pour toujours en elles, assure sa collègue Lydie Lonméné.   

Bernadette Boulé a été la 14e personne frappée mortellement par un véhicule cette année, à Montréal. Un autre décès­­­ survenu dans de semblables circonstances s’est ajouté depuis. Cela a porté le triste compte à 15, soit trois de moins que le total enregistré en 2018.