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Greta qui?

Il faut vraiment vivre sous une roche pour ne pas connaître la nouvelle sensation, la jeune Greta Thunberg.

Greta qui?
AFP

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Il faut vraiment vivre sous une roche pour ne pas connaître la nouvelle sensation, la jeune Greta Thunberg. La nouvelle voix du mouvement environnementaliste est de toutes les tribunes cette semaine et elle s’en vient à Montréal ce vendredi pour la grande manifestation qui s’organise. Celle qui est louangée ou conspuée ne laisse personne indifférent, même pas le président Trump, qui s’est permis une pointe sur Twitter . Aussitôt, Greta lui a répondu par l'ironie en modifiant son message d'accueil sur le même média. Elle n’a peur de rien. 

Et si Greta était un homme?

Il y en a de l’encre qui a coulé pour décrire Greta Thunberg. Certains la trouvaient, jusqu’à son allocution à l’ONU, trop froide, trop rationnelle. Aujourd’hui, ces mêmes personnes rient de son émotivité et la discréditent en disant qu’elle est trop émotive, pas assez terre à terre. 

Mais si Greta était un jeune homme, aurait-on eu la même réaction? J’en doute fort. Souvent, l’émotion vécue par un homme lors d’un grand discours est jugée plus favorablement. On acclame sa sincérité, sa passion qui le définisse comme un grand leader. Des qualités que l’on reproche à la jeune Suédoise. 

Pas facile même en 2019 d’être une femme forte et une leader. Surtout lorsqu’on est encore adolescente.

Au Québec et au Canada

Alors que la manifestation se prépare, le gouvernement Legault vient d’annoncer qu’il veut être conciliant avec certains grands pollueurs au Québec. Pourtant, en mai dernier, François Legault affirmait que la hausse des usines polluantes au Québec était un échec libéral et qu’il réglerait le problème. Son gouvernement semble avoir pris le problème à l’inverse pour certaines usines. 

Toutefois, il faut bien le mentionner, les autres modifications proposées semblent aller dans la bonne direction. C’est le cas notamment de la baisse des allocations gratuites de 4%. 

La campagne électorale fédérale donne aussi de bonnes raisons d’aller marcher. Les propos d’Andrew Scheer sur sa volonté d’interdire l’opposition aux pipelines devraient mobiliser plusieurs manifestants. C’est un risque non seulement pour l’environnement, mais pour une démocratie que d’interdire à certains groupes de prendre part à des consultations publiques. Cependant, pour un plus grand impact au fédéral, il faudra faire plus que marcher pour changer les choses, un vote le 21 octobre pour un parti qui a un plan ambitieux pour la protection de l’environnement aura certainement une plus grande résonance. 

Leaders d'ici

Au-delà des enjeux, j’espère aussi que ce vendredi 27 septembre nous ferons la connaissance de la nouvelle génération qui ose prendre sa place dans ce débat planétaire. Des jeunes mobilisés et frondeurs, car s’ils ne le sont pas à 16 ans, que deviendront-ils à 40 ans? Il faut que cette jeunesse prenne sa place et tant pis pour ceux que cela dérange.