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Investir dans le pays de Trump à la veille d’une récession

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Chaque semaine, on me demande s’il est plus sage présentement d’éviter les États-Unis dans le choix des investissements des portefeuilles de placement. La réponse est non. Voici pourquoi.  

On peut ne pas admirer le président américain et ses méthodes discutables, mais reconnaissons que plusieurs sociétés américaines demeurent admirables. Les compagnies publiques américaines dominent avec plus de 50 % du poids économique mondial.  

Certaines, comme NetFlix, IBM, Pfizer, Johnson & Johnson, Intel, Disney, Apple, McDonald’s, etc., récoltent une large part de leurs revenus HORS des États-Unis.  

Et évidemment, les politiques américaines n’affectent pas toutes les sociétés de la même manière et certaines ne sont pas impactées du tout. En constatant la progression des gros indices boursiers (entre +16 et +23 %) depuis le début de l’année 2019, on ne peut pas parler encore d’effet négatif.  

Récession à venir?  

C’est vrai qu’il est probable qu’une récession frappe l’Amérique du Nord d’ici la fin 2021. Mais dites-vous que c’est dans la normale des cycles économiques. De plus, les actions ne piquent pas toutes du nez. Loin de là. Certains secteurs dits défensifs s’en sortent même très bien comme l’alimentation, les services publics, les produits de santé et les télécoms.  

Ainsi, s’il y a ralentissement de l’économie, les consommateurs fréquenteront moins les restaurants et achèteront davantage de denrées en épicerie. Durant une récession, les ventes de voitures et le transport aérien diminuent, mais on observe une demande accrue pour les services de télécommunications. Les entreprises déplacent un peu moins leurs employés. Il y a moins de congrès et de conférences, mais plus de conférences téléphoniques et de télétravail.  

On constate des remontées des indices boursiers pendant chacune des récessions du passé : 2008, 1991, 1982, 1974, etc. Et étonnamment, pendant la récession de 1956, le S&P500 a même gagné +20 %. La résilience des marchés américains est tout à fait formidable. Ne la sous-estimez jamais.  

Des leçons du passé  

Quant aux grossièretés et méthodes peu orthodoxes de Donald Trump, ne prenez pas cela comme une période sombre de l’Amérique. Ça n’a rien à voir avec la tension à couper au couteau du début des années 1960. En 1962, le Dow Jones valait 652 points. Cette année-là, les Soviétiques installaient des rampes de lancement de missiles nucléaires à Cuba, en direction de Washington.  

La morosité a alors envahi la planète. En 1963, le Dow est à 763 points... et le président Kennedy est assassiné. En 1964, le Dow Jones atteint 874. En trois ans, malgré ces terribles nouvelles, la bourse gagnait +34 %.  

♦ Fabien Major est planificateur financier et conseiller chez Major Gestion Privée inc., succursale de Gestion de patrimoine Assante ltée à Outremont.  

Conseils   

  •  La bourse a tendance à se replier avant les faits et elle remonte pendant l’événement.
  •  Pendant une récession, l’économie ne cesse pas de fonctionner, elle se transforme.
  •  Il y aura toujours de bonnes raisons et de mauvaises excuses pour ne pas investir. Pendant ce temps, la valeur des actions monte.
  •  Si vous visez le long terme, les actions américaines demeurent un excellent choix. Elles rapportent en moyenne 9 % par an et sont 76 % en territoire positif durant 12 mois.