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Steven Butler, le chant des sirènes

Steven Butler
Photo d’archives, Annie T. Roussel Steven Butler malmenant Jordan Balmir au Centre Vidéotron, le 6 octobre 2018.

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Steven Butler a une longue carrière professionnelle derrière la cravate. Pourtant, il est encore tellement jeune. Seulement 24 ans et un seul combat livré en dehors du Québec, à Las Vegas, en mai dernier. 

Mais Butler est attrayant pour les grands promoteurs américains et anglais. Il cogne dur, il a un cœur de lion et il est spectaculaire dans un ring. 

Il a encore besoin d’expérience et son promoteur Camille Estephan essaie de bien jauger ses adversaires. Ils doivent être coriaces, mais Butler doit avoir de grandes chances de gagner. 

C’est que les gros combats hyper payants sont proches. 

Encore plus si Butler et Estephan avaient voulu. Eddie Hearn, la nouvelle puissance dans la boxe internationale, leur offrait un combat pour le titre WBO contre Demetrius Anglade. 

«Golden Boy fait des pressions, mais ce n’est pas l’adversaire qu’on veut», expliquait Steven Butler, classé deuxième aspirant WBO, lors de la conférence de presse présentant les boxeurs pour les deux galas présentés au Casino de Montréal demain et samedi. 

UN AUTRE BILLY JOE SAUNDERS 

En fait, Andrade est un gaucher. Pire, c’est un calque de Billy Joe Saunders. Et on le sait depuis le combat entre David Lemieux et Saunders, si un boxeur veut avoir l’air fou, il se bat contre un de ces gaillards danseurs et habiles. 

«Le gars que nous voulons, c’est Jaime Munguia, le champion WBO des 154 livres. Il n’est plus capable de faire le poids à 154 livres et ça ferait un très bon combat contre Steven», assure Estephan. 

«La demande est forte pour un cogneur comme Steven Butler. Mais Steven a encore quelques combats à livrer pour compléter son expérience avant un combat pour le titre mondial», d’ajouter Estephan. 

Ça se peut. Mais Butler apprend vite. Et il apprend plus que des trucs dans un ring. Il mène sa vie beaucoup plus solidement. 

Et on l’a suivi à Las Vegas dans un environnement complètement nouveau pour un petit gars de l’Est. Il affrontait un coriace adversaire en Vitaliy Kopylenko et a fini par gagner de façon nette. Contre Vitaliy et contre Vegas. 

DEUX BELLES SOIRÉES 

Même si le Casino ne peut permettre une grosse foule, il y a moyen d’y présenter de très belles cartes de boxe. 

Faut dire que le réseau Punching Grace permet à Camille Estephan d’amortir un peu ses frais. 

Mais la finale entre Butler et Paul Valenzuela Jr. aurait pu être présentée à Québec ou dans une plus grande salle à Montréal. 

Et je ne parle pas de Kim Clavel qui a la ferme intention d’être la deuxième Québécoise à détenir un titre mondial. Dans sa catégorie, ça va être plus difficile puisque les Asiatiques sont quelques centaines à écumer les rings. 

Mais ces galas au Casino permettent aux amateurs d’y encourager de grands boxeurs dans une ambiance idéale. On y a vu Eleider Alvarez, Oscar Rivas, Arslanbek Makhmudov ou Steven Butler... 

C’est quand même pas de la petite bière... 

Un pourcentage de la masse salariale 

Je n’écrirai pas que c’est un manque de respect flagrant pour les amateurs de hockey que cette visite des Marlies de Toronto au Centre Bell. 

Payer 195,50 $ le ticket pour voir un match de la Ligue américaine, il y a plusieurs beaux mots en français pour en parler. 

On peut dire, c’est un vol. Ou une arnaque. Une escroquerie. Ou même de l’abus de confiance, pour ne pas parler d’abus d’amour. Un vrai poète dira que c’est de la sodomie... 

Les directeurs généraux se foutent totalement du cochon de payant. Ce qui compte, c’est leur formation. 

Les propriétaires raflent deux millions avec des gars de la Ligue américaine, ça paye les cadeaux de Noël. 

Mais il faut arriver à protéger les fans. Et leur assurer un spectacle convenable. Ils payent pour le vrai Elvis, pas Johnny Farago. 

L.P. GUY ET GILBERT DELORME

C’est L.P. Guy avec Gilbert Delorme qui a eu l’idée de génie. Hier matin à leur émission, au 91,9 : «Il faudrait que la Ligue nationale exige que les équipes mettent sur la patinoire un pourcentage de leur liste salariale», a-t-il lancé. 

Autrement dit, si la LNH avait exigé 50 pour cent du budget d’une équipe ou du plafond salarial, les Maple Leafs auraient dû faire jouer pour 40 millions $ de talents. 

Avec 40 millions, les fans auraient eu droit à quelques bons joueurs. Le pourcentage pourrait être négocié, mais ça fonctionnerait. Ça pourrait être 60 pour cent, ce serait encore mieux. Ou 40 pour cent, ça serait un minimum. 

Je ne vois pas d’autre solution. Y aller par un certain nombre de vétérans, c’est trop facile à contourner. 

Le Canadien vend un billet en saison régulière pour les Maple Leafs 535 $ le ticket pour un AA. C’est le salaire des joueurs qui justifie pareille extravagance, ben dans ce cas, qu’on donne un peu de ces millions aux pauvres fans qui se font saigner dans des matchs hors concours. 

Un pourcentage de la masse salariale. 

C’est L.P. qui le dit.