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Toujours aussi peu d’hommes enseignants

Malgré une légère amélioration l’an dernier, l’écart entre les genres demeure

Male teacher teaching kids on laptop in classroom
Photo Adobe Stock Le nombre d’enseignantes représente toujours 75 % de la profession par rapport à 2010-2011, et le nombre d’enseignants, 25 %.

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L’écart entre les genres au sein de la profession enseignante demeure important : malgré une légère amélioration l’année dernière, on compte aujourd’hui 5500 femmes de plus, mais 600 hommes de moins dans les écoles du Québec par rapport à 2010.

Des données publiées par le ministère de l’Éducation à la suite d’une demande d’accès à l’information révèlent en effet que le nombre d’enseignantes, en tenant compte du personnel permanent et non permanent, est passé de 94 614 lors de l’année scolaire 2010-2011 à 100 154 en 2017-2018.

Chez les hommes, le nombre est passé de 33 440 à 32 807 durant cette même période.

La situation semble toutefois être en voie de s’améliorer : on comptait 426 enseignants masculins de plus en 2017-2018 par rapport à l’année précédente. Mais pendant ce temps, 2627 enseignantes se sont ajoutées, une hausse plus marquée.

Globalement, le nombre de femmes représente toujours 75 % de la profession (+ 1 %) par rapport à 2010-2011, et le nombre d’enseignants de sexe masculin, 25 % (- 1 %).

En enseignement secondaire, c’est plutôt une baisse qui a été observée : on compte au tableau 2153 femmes de moins, et 1374 hommes de moins en 2017-2018 que sept années auparavant.

En revanche, au niveau primaire, on dénombrait à la dernière année de référence près de 1500 enseignants de sexe masculin de plus qu’en 2010-2011.

Sur la même période, toutefois, 7609 femmes de plus se sont ajoutées au même niveau.

Valoriser la profession

Selon Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), ces données montrent qu’il y a encore beaucoup à faire pour valoriser et rendre la profession plus attrayante, notamment pour les hommes.

« Les enseignants du Québec sont les moins bien payés », a rappelé Mme Scalabrini. La syndicaliste dénonce depuis longtemps une forme de « discrimination systémique » dans le milieu.

« C’est une profession à prédominance féminine où on n’a jamais réglé en matière d’équité salariale. Les conditions sont de plus en plus difficiles et les enseignants ne sont pas payés à leur juste valeur », regrette-t-elle.

« Redoubler d’efforts »

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on considère que les variations demeurent somme toute plutôt faibles.

« On le reconnaît, c’est loin d’être suffisant. Il faut redoubler d’efforts pour recruter davantage d’hommes, mais aussi de femmes, dans la profession enseignante », a indiqué l’attaché de presse du ministre Roberge, Francis Bouchard.

« On travaille beaucoup pour valoriser la profession et élargir les voies d’accès à la profession enseignante, sans pour autant baisser les exigences », a-t-il ajouté.

Personnel enseignant des commissions scolaires

2010-2011

  • Masculin: 33 440 (26 %)
  • Féminin: 94 614 (74 %)

► Total : 128 054


2016-2017

  • Masculin: 32 381 (25 %)
  • Féminin: 97 527 (75 %)

► Total : 129 908


2017-2018

  • Masculin: 32 807 (25 %)
  • Féminin: 100 154 (75 %)

► Total : 132 961


Source : Ministère de l’Éducation. Effectif permanent et non permanent.