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Cessez la boucherie !

On ferme les yeux sur cette mutilation barbare

Cessez la boucherie !
Photo AFP

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Si vous appreniez que votre voisine a pris un couteau de cuisine et a découpé le petit doigt de sa fille, vous appelleriez la police, la DPJ, il y aurait une levée de boucliers, les médias feraient leur une avec cette histoire sordide, le gouvernement s’en mêlerait.    

  

Alors pourquoi ferme-t-on collectivement les yeux sur nos voisins-voisines qui prennent un rasoir pour découper le clitoris, les petites et les grandes lèvres de leur petite fille ?    

J’ai lu hier le livre « Silence, on coupe » de Luce Cloutier et Andrée Yanacopoulo. (Je les ai interviewées aujourd'hui à Qub Radio)   

  

  

Je suis ressortie de cette lecture absolument révoltée.    

Comment se fait-il qu’au Québec (où cette pratique est ILLÉGALE) on ferme les yeux sur cette mutilation barbare ?    

Pourquoi l’excuse-t-on ou la banalise-t-on... au nom du relativisme culturel ? Pourquoi des médecins ne dénoncent-ils pas les parents qui autorisent cette pratique ?   

Les féministes qui dénoncent la « culture du viol » sont-elles aux abonnées absentes quand vient le temps de dénoncer la « culture de l’excision » ?    

Le clitoris dérange certains hommes rétrogrades parce que c’est le seul organe humain entièrement dédié au plaisir. Le clitoris dérange parce qu’il comporte 8 000 terminaisons nerveuses qui offrent à la femme une jouissance complexe et sublime. Alors, que font les hommes que la jouissance féminine dérange ? Ils instaurent une « coutume », une « tradition » de couper le clitoris, tradition qui se transmet de mère en fille, de génération en génération. Il n’y a pas d’exemple plus flagrant de patriarcat. Pourtant nos féministes ne dénoncent pas trop fort ce partiarcat-là, africain ou asiatique... Tiens, tiens...   

Il y a au Québec des « exciseuses". Il y a au Québec des petites filles que leurs parents immigrants envoient dans leur pays d’origine pendant les vacances pour se faire mutiler, déchirer, enlever un organe au bout d’un rasoir !    

Le silence assourdissant entourant cette pratique rétrograde me dégoûte.    

Ah bien sûr, il ne faut pas pointer une « culture » du doigt, il ne faut pas « stigmatiser » une communauté, il ne faut pas dénoncer les coutumes d'un groupe en particulier..    

C’est ça que vous allez répondre à une petite fille qui aura hurlé pendant des heures, brisée dans sa chair : « On n’a rien fait, on n’a rien dit, parce qu’on ne voulait pas faire de peine à ta maman, ta tante, ta cousine, ta grand-mère » ?    

Comme dirait l’autre, « Comment osez-vous ? ».