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Knock: une grande naïveté

Alexis Martin et Sylvie Moreau.
Photo courtoisie Yves Renaud Alexis Martin et Sylvie Moreau.

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La pièce Knock, à l’affiche au TNM, mettant en vedette Alexis Martin dans une mise en scène de Daniel Brière, ne passera certainement pas à l’histoire. C’est principalement le texte de Jules Romains doté d’une trop grande naïveté qui fait défaut.

On pourrait certainement se questionner en toute légitimité sur le choix de cette pièce qui remonte au début des années 1900 pour amorcer la saison au TNM.

D’emblée, le spectacle s’ouvre sur une scène superficielle qui s’étire en longueur et surtout qui n’apporte rien à la pièce, mise à part que le Docteur Parpalaid (Pierre Lebeau) qui vit dans un canton perdu est sans le sou ; sa voiture tombe en ruine. En deux minutes, on avait déjà compris, il n’en fallait pas plus. La scène se poursuit pourtant, obligeant les passagers à marcher et à pousser la voiture qui tombe constamment en panne. On se serait cru dans un spectacle pour enfants. D’ailleurs s’il y avait eu des enfants dans la salle, ils se seraient amusés.

Parpalaid, qui vit à Saint-Maurice en France depuis des années, compte une très petite clientèle, celle-ci étant en bonne santé. Comme il part s’établir à Lyon, il vient de vendre sa clinique au jeune docteur Knock (Alexis Martin). Sans grande expérience médicale.

Aucune subtilité

Si Knock a peu d’expérience en tant que médecin, en revanche il est très malin. C’est un grand parleur et un beau manipulateur. Bien décidé à rentabiliser sa clinique, il offrira à tous les habitants du canton des consultations gratuites. Sans aucun scrupule, il trouvera des maladies imaginaires à tout un chacun allant jusqu’à proposer des traitements complètement farfelus.

Dans ce texte, l’auteur prend les membres de la population pour des idiots. Selon son raisonnement, seuls les médecins sont intelligents, car personne n’est suffisamment brillant pour comprendre le jeu du docteur et réaliser qu’il est en santé et qu’il n’a besoin ni de médicaments ni de traitements coûteux. Personne, sauf le docteur Parpalaid qui, après trois mois, sera de passage pour constater que Knock a augmenté son chiffre d’affaires de manière astronomique en manipulant ses « clients ».

Tout est trop grossi dans cette pièce. À vouloir jouer l’absurde, on perd toute crédibilité. Un peu plus de subtilité aurait été appréciée.

Soulignons néanmoins la performance d’Alexis Martin, présent pratiquement tout au long de la pièce, qui en avait long à raconter. Il maîtrise parfaitement bien son interprétation de médecin malhonnête. Autre belle performance : celle de Pierre Lebeau, qui mérite d’être applaudi, offrant une certaine crédibilité à cette pièce qui en manque énormément. S’ajoutent aux jeux d’acteurs, de magnifiques costumes d’époque et quelques belles projections.

Quant à la finalité qui se voulait originale, elle est plutôt maladroite. On transporte les spectateurs une centaine d’années plus tard avec le docteur Vadeboncoeur qui monte sur scène pour faire un cours de morale à propos de notre système de santé actuel. On aurait pu trouver mieux.


♦ Knock à l’affiche au TNM jusqu’au 12 octobre.