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L’Université Laval toujours abonnée aux énergies fossiles

L’Université Laval toujours abonnée aux énergies fossiles
Photo d'archives, Daniel Mallard

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Alors que l’Université Laval multiplie les initiatives en matière d’urgence climatique, elle n’a toujours pas adopté son plan concernant le retrait de ses investissements dans les énergies fossiles. La direction promet toutefois des résultats d’ici la fin 2019.

«Le temps n’est plus aux excuses. C’est déplorable et inquiétant de voir ce double discours. Les actions ne suivent pas. Nous sommes en urgence climatique et l’Université Laval devrait opérer rapidement une transition», déplore Patrick Bonin, responsable de la campagne Énergie-Climat chez Greenpeace Canada.

En février 2017, l’Université Laval s’était engagée à retirer de son portefeuille ses placements dans les entreprises productrices de pétrole. Elle devenait alors l’une des premières universités au pays à emprunter cette voie.

Depuis, la direction mentionne avoir effectué «un travail de recherche, d’étude et de planification» afin d’établir sa nouvelle stratégie d’investissements «sans compromettre la relation risque-rendement».

Aucun plan d’action n’a encore été adopté par l’établissement scolaire et sa Fondation. Dans un courriel datant du 10 septembre, la direction n’avait aucune date précise pour son approbation. Jeudi, l’Université Laval a toutefois indiqué au Journal avoir mis ce sujet à l’ordre du jour de la séance du 27 novembre du conseil d’administration.

«La diminution s’effectuera sur le moyen terme en protégeant le rendement», précise dans un courriel la porte-parole, Andrée-Anne Stewart, sans fournir d’échéancier précis.

Elle assure que beaucoup de boulot a été effectué, entre autres, pour dénicher une firme qui offre des produits d’investissements responsables.

Mme Stewart affirmait aussi en 2018 que son organisation avait bon espoir de pouvoir amorcer d’ici la fin de cette année-là sa transition financière.

L’ensemble des émissions de CO2

L’Université Laval ajoute que dans le cadre de sa réflexion, elle a choisi «d’étendre la portée de son engagement à l’ensemble des émissions de CO2 et non seulement aux entreprises productrices de pétrole». Une première quantification des émissions d’équivalent CO2 associées aux investissements a été réalisée.

Montrer l’exemple

Selon Greenpeace Canada et la Fondation David Suzuki, l’Université Laval se doit d’agir rapidement dans ce dossier pour respecter son engagement et montrer l’exemple.

«Il y a un risque que l’Université Laval perde énormément de crédibilité. Elle organisera l’an prochain un sommet pour discuter d’action climatique. En même temps, elle doit s’assurer de livrer la marchandise», affirme Karel Mayrand, directeur pour le Québec et l’Atlantique pour la Fondation David Suzuki.

M. Mayrand rappelle que Fondaction de la CSN, le Fonds de solidarité FTQ et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont réduit au cours des dernières années leur empreinte carbone de façon importante.

«Si l’Université Laval ne le fait pas, c’est qu’elle ne considère pas cela comme une priorité ou elle n’est juste pas capable de le faire», conclut M. Mayrand.

En 2017, environ 5 % des investissements de la fiducie de 220 millions de l’Université Laval étaient dans le secteur des énergies fossiles.

 

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