/entertainment/stage
Navigation

Du théâtre pour guérir

La pièce Là où le sang se mêle aborde la douloureuse époque des pensionnats autochtones

Là où le sang se mêle
Photos courtoisie, Jean-François Brière

Coup d'oeil sur cet article

Le théâtre autochtone est méconnu, mais il existe. La compagnie Menuentakuan propose, depuis 2013, des œuvres contemporaines qui sont en relation avec les réalités des Premières Nations.

À l’affiche au Diamant du 8 au 12 octobre, Là où le sang se mêle plonge dans les blessures ouvertes et les marques profondes générées par l’époque des pensionnats autochtones.

La pièce raconte l’histoire de Floyd, un survivant de ces établissements aussi appelés écoles résidentielles. L’homme, qui passe la majeure partie de son temps à la taverne de son village avec son ami Mooch, reçoit un jour une lettre de sa fille, mise en adoption il y a 20 ans par les services sociaux. La jeune femme, élevée en ville, veut faire la connaissance de son père et renouer avec ses racines.

« C’est une histoire de résilience et de gens profondément humains qui cherchent à se guérir », a laissé tomber Charles Bender, qui, avec Marco Collin et Xavier Huard, dirige la compagnie Menuentakuan.

Le comédien, qui interprète Mooch, précise qu’il y a de la légèreté, même si le thème est relativement sombre.

Marco Collin et Soleil Launière dans la pièce Là où le sang se mêle, qui sera 
présentée au Diamant. 
Photos courtoisie, Jean-François Brière
Marco Collin et Soleil Launière dans la pièce Là où le sang se mêle, qui sera présentée au Diamant. 

« Il y a autant de rires que de larmes », a-t-il indiqué lors d’un entretien téléphonique.

Charles Bender a découvert ce texte lorsqu’il s’est glissé dans la peau de Mooch, en 2015, dans la version originale anglaise, produite par la compagnie Teesri Duniya à Montréal. Il a eu envie de le traduire.

L’œuvre de Kevin Loring a remporté, en 2009, le prix littéraire du gouverneur général du Canada dans la catégorie Théâtre.

« C’est une pièce extrêmement profonde, poignante et essentielle. Je pense qu’il a réussi à toucher à tous les aspects de la vie des Premières Nations contemporaines sans jamais devenir didactique. C’est toujours ancré dans le quotidien », a fait remarquer celui qui signe aussi la mise en scène.

Le thé du Labrador

Après la représentation, les spectateurs sont invités à poser des questions, échanger et faire un témoignage.

« On ne va pas seulement voir un théâtre. On va s’asseoir dans un cercle de guérison. Les personnages de la pièce font les premiers témoignages et le public est invité à en faire autant, par la suite, autour d’un thé du Labrador, infusé avec des feuilles cueillies à la main. On n’a pas les moyens d’organiser un grand festin avec de la viande d’orignal, mais on offre symboliquement le thé », a fait savoir Charles Bender.

Quatre des comédiens sont issus des Premières Nations, et le cinquième, québécois, joue le rôle d’un Québécois.

« Nous sommes une compagnie de théâtre autochtone et on trouve les moyens de faire en sorte que les choses fonctionnent bien. Et on trouve des solutions novatrices, lorsqu’on n’a pas accès au bassin de talents qu’on aimerait avoir, pour contourner le problème », a précisé le comédien huron-wendat, originaire de Québec.

Là où le sang se mêle est présenté les 8, 9, 10 et 11 octobre à 19 h, et le 12 octobre à 14 h à la salle Hydro-Québec du Diamant.