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L’autre côté de la médaille

<b><i>Les patriotes</i></b><br>
Sana Krasikov, aux Éditions Albin Michel, 610 pages
Photo courtoisie Les patriotes
Sana Krasikov, aux Éditions Albin Michel, 610 pages

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On n’a pas souvent entendu parler de ces Américains qui, à l’approche de la Seconde Guerre mondiale, ont décidé d’aller s’installer en URSS. Cette impressionnante saga romanesque le fait.

Florence Fein, une jeune New-yorkaise de Brooklyn, rêve de pouvoir donner un sens à sa vie. Avec la Grande Dépression qui vient de s’abattre sur le pays, elle est donc déjà très chanceuse d’avoir trouvé un emploi à la Mission commerciale soviétique. Car Florence parle un peu le russe, et grâce à ça, elle sera chargée de jouer les interprètes auprès d’un groupe d’ingénieurs soviétiques de passage aux États-Unis. Mais là, bing ! Elle tombera follement amoureuse de l’un d’eux et en 1934, malgré tout ce que feront ou diront ses parents pour la retenir, elle montera à bord du Bremen afin de se rendre à Magnitogorsk, la ville industrielle de l’Oural où habite l’élu de son cœur.

Dans l’œil du cyclone

Comme le roman passe sans cesse d’une époque à l’autre ou d’un personnage à l’autre — on finit par s’y faire, promis ! —, on comprendra assez vite que Florence ne l’a vraiment pas eu facile en Union soviétique, les purges staliniennes ayant fini par la toucher de près. Pareil pour son fils Julian (ou Ioulik) qui, dès que ça sera possible, filera s’installer en Amérique.

L’intérêt de ce livre, c’est qu’il revient sur un épisode particulier de la guerre froide : le sort de tous les Américains qui, à l’instar de Florence, ont eu la riche idée de troquer leur vaste pays de liberté contre un régime favorisant appartements collectifs, répression, dénonciations, exils et goulags. Et racontées sous forme de saga familiale, ces ternes pages de l’Histoire n’ont absolument rien d’ennuyeux. Au contraire.

Frissons garantis

Cadavre exquis

<b><i>Cadavre exquis</i></b><br>
Agustiina Bazterrica, aux Éditions Flammarion, 
306 pages
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Cadavre exquis
Agustiina Bazterrica, aux Éditions Flammarion, 306 pages

 

Imaginez un monde dans lequel tous les animaux ont été emportés par un virus mortel. Un monde où il n’y a donc plus le moindre bœuf, porc, agneau ou poulet à se mettre sous la dent. Maintenant, imaginez ce qui pourrait se produire au bout d’un certain temps dans ce monde sans viande. Eh oui, immigrés, marginaux, pauvres et... Bref, tous ceux qui ne risquent pas d’être regrettés, se mettraient à disparaître pour être mangés clandestinement. L’étape suivante ? Créer une nouvelle race d’humains élevés en captivité afin d’en faire du bétail et répondre à la demande massive de viande.

Comme des bêtes

Avant que tous les animaux ne meurent, Marcos Tejo était vétérinaire. Un métier aujourd’hui totalement inutile et qui, par la force des choses, l’a conduit à travailler pour l’un des nombreux abattoirs de la région où on ne dit pas « viande humaine » mais « viande spéciale », et où les mots « cannibalisme » et « assassinat » sont carrément proscrits. Voilà pourquoi un jour, l’un des éleveurs avec lesquels il travaille lui offrira en cadeau une femelle prête à abattre. Le hic ? Marcos finira par s’y attacher...

Un roman qui dérange et qui ébranle de la première à la dernière ligne. Car cette dernière ligne, elle est vraiment quelque chose !

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Bleuets

Maggie Nelson, aux Éditions du sous-sol, 112 pages
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Maggie Nelson, aux Éditions du sous-sol, 112 pages

 

Avec ce tout petit livre, la romancière et poète américaine Maggie Nelson raconte tour à tour son profond attachement pour la couleur bleue et le coup de blues qu’elle a eu à la suite d’une rupture amoureuse. En 245 fragments souvent empreints de poésie, elle parvient ainsi à nous faire ressentir une assez vaste palette d’émotions.


Les fantômes de Manhattan

R. J. Ellory, aux Éditions Le livre de poche, 552 pages
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R. J. Ellory, aux Éditions Le livre de poche, 552 pages

 

Même s’il a été publié l’an dernier dans sa version grand format, ce roman a, en réalité, été écrit bien avant Vendetta, Seul le silence ou Les anges de New York. De façon parfois un peu maladroite, il nous entraîne ainsi dans une petite librairie de Manhattan, où on ne tardera pas à voir la vie de sa tranquille propriétaire changer du tout au tout à cause d’un mystérieux manuscrit.


Les femmes – L’autre visage de l’histoire

Collectif, aux Éditions Hurtubise, 320 pages
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Collectif, aux Éditions Hurtubise, 320 pages

 

À quelques exceptions près, les femmes sont très rarement présentes dans les pages des livres d’histoire. À défaut de pouvoir y remédier, cet ouvrage richement illustré se charge donc d’en retracer tout le parcours semé d’embûches depuis la lointaine époque de la préhistoire jusqu’à aujourd’hui. Et le résultat est non seulement enrichissant, mais hyper captivant.


Grèce

Mélanie Martin, aux Éditions Hachette, 162 pages
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Mélanie Martin, aux Éditions Hachette, 162 pages

 

Pour prolonger le goût des vacances, ce livre de recettes nous explique comment réaliser 65 grands classiques de la cuisine grecque. Pains pitas faits maison accompagnés de tzatziki ou de taramasalata, feuilles de vigne farcies, salade grecque, keftedes à l’ouzo, crevettes à la tomate et à la feta, calamars frits, moussaka, baklava... Il ne manque que la mer et le bruit des vagues !