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L’effet thérapeutique de la CAQ

Legault Barrette
Photo Simon Clark L’an I fut vécu comme un baume collectif

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Durant les premières semaines qui ont suivi l’élection du gouvernement Legault, l’on pouvait observer un sentiment de soulagement dans la majorité francophone du Québec.

Et même parmi des libéraux « libérés » de la chape de plomb qui a enveloppé le PLQ sous la direction de Philippe Couillard, premier premier ministre québécois à s’afficher ouvertement antinationaliste. Il portait un regard hautain et a tenu des propos offensants sur les francophones qui soufflaient, selon lui, « sur les braises de l’intolérance ».

Plusieurs ont alors eu le sentiment d’être traités en citoyens de seconde classe moins disposés à respecter les règles de la démocratie et peu enclins à défendre les droits de la personne.

L’ex-premier ministre a ainsi servi de caution plus ou moins consciemment à ceux qui nous traitaient de racistes et autres épithètes du même acabit. Avec comme conséquence la culpabilisation d’un peuple inquiet de sa survie collective, mais ayant réussi pourtant à s’extraire de la culture catholique étouffante de toutes les générations jusqu’à la Révolution tranquille.

Philippe Couillard, neurochirurgien et non pas psychiatre, a tourné le fer dans la plaie. Les dernières années de pouvoir libéral ont été humiliantes et éprouvantes pour les francophones.

Baume collectif

L’an I du gouvernement Legault a été vécu comme un baume collectif. La modestie de François Legault, son assurance tranquille, sa longue expérience politique et son nationalisme décomplexé sont autant d’atouts majeurs dans l’exercice du pouvoir. Une des forces de François Legault est d’avoir recruté des candidats au profil psychosociologique semblable au sien. Ce fut plus facile pour lui par la suite d’apporter certains changements dans son cabinet impliquant des ministres trop inexpérimentés.

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Les caquistes sont des gens qui ont le respect des autres, des hommes et des femmes ayant à cœur l’intérêt général et qui ne sont pas atteints (encore ?) par le cynisme ni aveuglés par l’usure du pouvoir : des honnêtes gens, auxquels s’identifient les citoyens.

La confiance de l’opinion publique envers François Legault ne se dément pas, ce qui ne signifie pas que sa popularité demeurera au beau fixe. Mais une majorité de Québécois se sentent — lâchons le mot — aimés par ceux qui les dirigent.

Climat assaini

Le climat psychopolitique s’est assaini en quelque sorte. Les gens se sentent moins jugés ; ils ont retrouvé une espèce de bonne humeur et une fierté évidente après l’adoption de la loi sur la laïcité, qu’ils ont majoritairement appuyée.

Avec la laïcité, le gouvernement Legault a donné aux Québécois le sentiment d’avoir enfin remporté une vraie victoire, rare, avouons-le, dans l’histoire des Canadiens français.

Le gouvernement de la CAQ n’a certes pas de réponses toutes faites aux enjeux complexifiés de l’époque. Mais reconnaissons qu’une poignée de personnes, la plupart novices en politique, sous l’autorité d’un chef affable, paternel dans le bon sens du terme, un homme de convictions, mais pragmatique, doté d’une sensibilité, d’une empathie et d’une authenticité indéniable, cette CAQ, donc, a réconcilié une majorité de Québécois avec eux-mêmes. L’avenir immédiat semble ainsi moins lourd qu’il y a un an.