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Sainte-Marie (Ontario): aux pays des Hurons

La mission jésuite  était partiellement fortifiée.
Photo Gilles Proulx La mission jésuite était partiellement fortifiée.

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À la fin du mois d’août dernier, je suis allé pour la première fois dans l’ancien pays des Hurons près du lac du même nom. C’était en Ontario que se trouvait le territoire ancestral des Hurons avant que les Iroquois, leurs ennemis, les massacrent et les forcent à se réfugier près de Québec. Par ailleurs, la réserve de Wendake, l’une des plus en santé économiquement et culturellement de tout le Canada, a été créée pour accueillir les réfugiés hurons, ces alliés de toujours des Français.

La ville de Sainte-Marie en Ontario, à deux heures de voiture au sud de Sudbury, fut à l’origine une mission jésuite. Dans mes jeunes années, quand on me parlait des « saints martyrs canadiens », j’étais distrait et je comprenais que c’était les Hurons, les bourreaux, dans cette histoire. Pas du tout ! Les Hurons étaient d’indéfectibles alliés, qui subissaient le même sort cruel que les prêtres aux mains des Iroquois. Ulcérés contre les Français depuis que Champlain avait abattu deux de leurs trois chefs, les Iroquois ne décoléraient pas. Et les Hurons qui faisaient la traite des fourrures avec les Français n’ont pas échappé aux foudres de la plus bagarreuse des nations.

En dormant à plusieurs dizaines de personnes pendant l’hiver, on se réchauffait.
Photo Gilles Proulx
En dormant à plusieurs dizaines de personnes pendant l’hiver, on se réchauffait.

À Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons, on retrouve une reconstitution de l’ancienne mission jésuite chez les Ouendats en Huronie, sur les lieux mêmes où elle s’érigeait jadis, avec les pères Brébeuf et Lalemant. C’est une histoire de plus en plus méconnue que l’on redécouvre ici et qui nous rappelle la soudure entre Français et Indiens (ainsi que la Loi les nomme toujours) au temps de la Nouvelle-France.

On ne dirait pas, mais cette guide au beau sourire se tient près d’un reliquaire qui contient un morceau du corps du saint martyr Jean de Brébeuf.
Photo Gilles Proulx
On ne dirait pas, mais cette guide au beau sourire se tient près d’un reliquaire qui contient un morceau du corps du saint martyr Jean de Brébeuf.

Établie en 1639, cette mission importait, croyez-le ou non, du bétail de Québec. Ça veut dire que des vaches, des chèvres et des cochons faisaient le voyage en canot d’écorce et barges avec 50 points de portage sur 1300 km.

Ce vieux cimetière contient encore 
les restes de Hurons massacrés.
Photo Gilles Proulx
Ce vieux cimetière contient encore les restes de Hurons massacrés.

Hélas ! Vous connaissez la fin. En 1648, les Iroquois attaquent. Plusieurs centaines de Ouendats sont capturés et tués. Les pères jésuites prisonniers sont suppliciés. Les survivants incendient la mission et retournent à Québec.

Un Jésuite originaire de Québec vit toujours là-bas. C’est lui qui m’a servi de guide.
Photo Gilles Proulx
Un Jésuite originaire de Québec vit toujours là-bas. C’est lui qui m’a servi de guide.