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Reprendre contact avec la beauté

Une œuvre d’actualité 16 ans après sa création

Lentement la beauté
Photo courtoisie, Nicola Frank-Vachon Hugues Frenette personnifie un homme sur le pilote automatique, qui, au contact d’une pièce de théâtre de Tchekhov, commence à voir le monde d’une autre façon.

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Retrouver contact avec la beauté et le bonheur est une mission qui peut s’avérer complexe et difficile dans le monde d’aujourd’hui. La pièce Lentement la beauté propose de le faire par l’entremise de l’art. Une œuvre qui tombe à point.

Créée en 2003, la pièce de la compagnie Théâtre Niveau Parking Lentement la beauté résonne toujours très fort, 16 ans plus tard. Elle concorde avec la vie d’aujourd’hui. Comme si le bonheur était inaccessible et difficile à atteindre dans le contexte actuel.

À l’affiche à La Bordée jusqu’au 12 octobre, Lentement la beauté raconte l’histoire d’un homme qui se cherche et qui, au contact de l’art, sera amené à voir les choses d’une autre façon.

M. L’Homme, joué par Hugues Frenette, est un fonctionnaire qui mène une petite vie bien tranquille. Il est sur le pilote automatique.

Il gagne des billets pour aller voir la pièce de théâtre Les trois sœurs de Tchekhov. Il est fasciné par ce qu’il voit. Il retourne la voir et plonge même dans le texte de ce classique qui raconte le mal de vivre de Macha, Olga et Irina. Trois sœurs qui rêvent de quitter leur campagne profonde pour retourner vivre à Moscou.

L’œuvre créée en 1901 aborde les thèmes du temps qui passe et détruit les rêves, l’importance du travail et de l’autonomie, de l’ennui et de l’amour.

M. L’Homme vit une situation semblable à celle des héroïnes de l’écrivain russe. Un rythme de vie effréné, un futur prévisible, des rêves qui ne se réaliseront jamais et une envie de vivre différemment.

Un appel à vivre

La mise en scène de Michel Nadeau est un des points marquants de la proposition. Les scènes se déroulent, sans changement de décor, à bord d’un autobus, au bureau, dans une résidence, dans un café, à l’hôpital, dans la rue et dans une salle de théâtre.

Charles-Étienne Beaulne, Claude Breton-Potvin, Véronika Makdissi-Warren, Marc-Antoine Marceau et Nathalie Séguin, qui complètent la distribution, personnifient plusieurs personnages. Le tout s’imbrique avec efficacité.

Les trois sœurs de Tchekhov apparaissent à différents moments de la pièce dans des croisements d’univers qui sont habiles et fort intéressants.

Tout comme les quelques segments où les rêves de M. L’Homme sont juxtaposés, à travers la relation idéale, qu’il imagine dans sa relation ambiguë avec la serveuse Anita, en opposition à ce qu’il vit avec sa conjointe Marie-Claude.

Lentement la beauté est un appel à vivre, à ne pas se retenir, à profiter des belles choses autour de nous et à se réaliser. Une belle pièce pour entreprendre un processus de réflexion à travers le cynisme en place et notre façon de vivre.