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Fini la boxe pour Anna Reva

Boxe, Championnat WBC des mi-lourds.
Photo d’archives, Agence QMI La femme d’affaires Anna Reva était la gérante du champion du monde Artur Beterbiev (à gauche).

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Anna Reva qu’on voyait près du ring depuis six ans, gérante déçue du champion du monde Artur Beterbiev, de Batyr Jukembayev et de plusieurs autres boxeurs du Kazakhstan, n’en pouvait plus.

Malgré des investissements qui vont se transformer en des pertes de plusieurs centaines de milliers de dollars, la femme d’affaires a décidé d’abandonner la boxe : « Je ne garde aucun lien. Je ne pouvais plus continuer de toujours payer pour mes boxeurs sans jamais recevoir mon dû en retour. J’ai déjà beaucoup perdu d’argent en frais de cour avec Artur Beterbiev, je préfère me retirer tout simplement », a indiqué Mme Reva hier.

DE LOURDES PERTES

Ce sont des lourdes pertes financières pour la gérante. Les boxeurs russes ou kazakhs qu’elle accueillait au Québec avaient droit au logement et aux besoins de base pour un athlète. En plus, elle payait de nombreux frais de voyage pour que ses jeunes puissent retourner au pays de temps en temps.

Mais ce qui a eu raison de sa persévérance, c’est le manque de respect qu’elle a senti au cours de la dernière année : « Ce n’était jamais assez, mes gars demandaient toujours plus d’argent et je ne touchais pas mes commissions. La décision a été très difficile et très longue à prendre parce que je les aimais beaucoup, mais à un moment donné, assez c’est assez », de raconter Mme Reva d’une voix brisée par l’émotion.

PLUS DE TRAVAIL POUR ESTEPHAN

Camille Estephan n’a pas été vraiment surpris quand Anna Reva l’a prévenu de sa décision. Il savait que la relation entre la gérante et ses boxeurs n’était pas au beau fixe. Mais il savait également qu’elle était émotivement très impliquée avec eux : « Je pense que c’est la bonne décision pour Anna. C’est très difficile d’être la gérante de jeunes boxeurs. Si on est trop impliqué émotivement, ça devient encore plus difficile de prendre des décisions et d’imposer des conditions », de dire Estephan qui se considère un ami de Mme Reva.

Les règlements de la boxe au Québec interdisent qu’un promoteur soit également le gérant d’un boxeur. Mais la Régie est plutôt souple dans l’application de ce règlement. Par exemple, qui sont les vrais gérants de David Lemieux et de Marie-Ève Dicaire ?

Dans le cas des boxeurs kazakhs, Camille Estephan reconnaît que la présence d’Anna Reva facilitait beaucoup le travail : « Quand bien même ce serait au niveau de la langue. Pour nous à Eye of The Tiger Management, il est certain qu’il faudra trouver un interprète et s’ajuster aux nouvelles conditions. Et les boxeurs devront eux aussi prendre leurs affaires en mains. Anna Reva ne sera plus là pour prendre soin d’eux. On va voir s’ils pourront performer au même niveau », de dire Estephan.