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Québec injecte 50 M$ par an pour les médias écrits

Le gouvernement accorde entre autres un crédit d’impôt plus généreux que le fédéral

Québec injecte 50 M$ par an pour les médias écrits
Photo d'archives

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Le gouvernement Legault allongera 50 millions $ par année pour endiguer la crise qui secoue les médias écrits, en leur accordant notamment un crédit d’impôt sur la masse salariale plus généreux que le fédéral.

Les ministres Eric Girard et Nathalie Roy ont annoncé mercredi une série de mesures fiscales pour aider les journaux. 

Devant «l’urgence de la situation», Québec leur offre un crédit d’impôt remboursable de 35% pour chaque travailleur de l’information, pour un salaire maximum de 75 000$. Cette mesure sera rétroactive au début de l’année 2019. 

Quelque 200 médias écrits sont admissibles à ce nouveau programme, à l’exception des agences de presse. La radio et la télévision ne pourront bénéficier de cette aide de l’État. 

«On est très conscients qu'il y a d'autres problèmes ailleurs. Pour le moment, l'urgence, le péril à la demeure, c'étaient les journaux écrits», a fait valoir la ministre de la Culture et des Communications. 

Aux dires de son collègue des Finances, il est normal que l’argent des Québécois servent à aider les médias. 

«La diversité de l'information, c'est important. Une information de qualité, nous considérons que c'est essentiel à notre démocratie. Et, bien sûr, l'aide a été quantifiée dans le respect de la capacité de payer des contribuables», a-t-il fait valoir, en conférence de presse à l’Assemblée nationale. 

Eric Girard n’a pas caché son jeu. Le programme d’aide aux médias écrits annoncé par son gouvernement doit contribuer en premier lieu à stimuler l’intérêt d’acheteurs potentiels pour acquérir les quotidiens du Groupes Capitales Médias, actuellement sous la protection de la loi sur les faillites. Les intéressés ont jusqu’au 25 octobre pour déposer une offre, a-t-il rappelé. 

Exclure les chroniqueurs 

Libéraux et solidaires estiment que le problème de perte de revenus publicitaires que vivent les médias ne sera réglé que lorsque le gouvernement taxera les plateformes numériques comme Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA). 

La députée de Québec solidaire Catherine Dorion souhaite également que les chroniqueurs, toujours plus nombreux dans les médias, ne soient pas admissibles au crédit d’impôt. 

«Les chroniqueurs ont remplacé les journalistes peu à peu parce que les médias avaient trop besoin d'argent. Donc, l'information, elle est moins là. Ça coûte trop cher d'aller chercher de l'information de qualité, puis ça ne coûte pas cher de dire à quelqu'un : Lis cet article-là puis jase ou écrit, là, n'importe quoi, puis on va le mettre», a-t-elle insisté. 

Pour le député péquiste Harold Lebel, le nouveau programme de la CAQ est «un pas dans la bonne direction». Mais le gouvernement doit accoucher de mesures plus larges pour aider l’industrie médiatique dans son ensemble. 

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes, Stéphane Giroux, est satisfait du programme annoncé. Mais «ça ne règle pas le problème de précarité. La balle est dans le camp d’Ottawa qui doit réellement intervenir pour taxer les GAFA qui volent nos revenus et nos contenus sans rien redistribuer», a-t-il souligné. 

Discrimination 

Québecor, propriétaire du Journal de Québec et du Journal de Montréal, et aussi de TVA, souhaite que les avantages fiscaux accordés aux médias écrits soient étendus à la télévision. 

«Le crédit d’impôt tel qu’établi actuellement crée une discrimination envers les journalistes de la télévision», précise l’entreprise dans une déclaration. Québecor estime que tous les programmes d’aide seront «superficiels» si les gouvernements n’obligent pas les GAFA à payer «leur part au trésor public». 

Le Plan d’aide du gouvernement aux médias écrits  

  • Crédit d’impôt remboursable de 35 %, rétroactif au 1er janvier 2019, jusqu’à concurrence d’un plafond salarial annuel de 75 000 $ 
  • Prolongation d’un an du crédit d’impôt pour la transformation numérique 
  • Bonification et prolongation de deux ans des programmes d’aide budgétaire aux médias écrits offerts par le ministère de la Culture 
  • Réduction de la compensation financière que doivent verser les médias écrits aux municipalités pour la collecte sélective 
  • Le placement publicitaire gouvernemental sera revu afin de mieux soutenir les médias en région 
  • S'harmoniser aux mesures fiscales fédérales pour reconnaître à certaines organisations journalistiques enregistrées le statut de donateur admissible et ainsi leur permettre d'émettre des reçus fiscaux pour dons
      
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