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Il voulait «la battre et la passer»

L’accusé de meurtre avait dit à un ami qu’une personne comme son ex ne pouvait pas rester «impunie»

Drame conjugal
Photo courtoisie, Lise Castonguay Maxime Labrecque lors de moments plus heureux quelque temps avant d’être accusé du meurtre prémédité de son ex-conjointe Isabelle Lavoie survenu en 2016.

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SAINT-HYACINTHE | Quelques heures avant l’assassinat de son ex-conjointe, un homme de 37 ans qui est aujourd’hui accusé de meurtre prémédité aurait confié à son ami qu’elle « méritait d’être punie ».

« Il était en colère, très fâché. Il m’a dit : je vais la battre, la criss, je vais la passer. Il m’a dit qu’il voulait entrer par sa fenêtre pour aller lui faire peur », a raconté David Gagnon, mercredi, devant le jury au procès de Maxime Labrecque.

Ce dernier est accusé du meurtre prémédité de son ex-conjointe Isabelle Lavoie à Saint-Hyacinthe le 13 septembre 2016.

« Dépressif et en colère »

M. Gagnon jouait à un jeu vidéo chez lui lorsqu’il a entendu cogner dans sa fenêtre, le 12 septembre 2016 vers 23 h.

C’était l’accusé. Il avait « l’air dépressif et en colère », a-t-il dit. Il était fâché, car son ex souhaitait qu’un avocat se mêle de leur dossier pour établir la garde des enfants et pour la possession de leur voiture.

Pendant l’heure de discussion qui a suivi, il a été question de la séparation du couple, mais aussi de l’intention de l’accusé de se rendre à l’appartement Mme Lavoie pour voir si elle était seule.

« J’essayais de le calmer, je ne croyais pas qu’il agirait », a-t-il déclaré au tribunal.

Rencontre au restaurant

Lors de cette même soirée, l’accusé s’était aussi entretenu avec un deuxième ami, Éric Paradis.

Voyant l’état de l’accusé, cet ami lui avait fixé un rendez-vous dans un Tim Hortons situé à quelques rues de l’appartement d’Isabelle Lavoie.

Un peu dépassé minuit, les deux hommes se sont rencontrés. En tout, ils sont restés une trentaine de minutes au restaurant.

« Je vais lui sacrer une volée, ça va me faire du bien », avait lancé le trentenaire.

« Je lui ai dit d’aller se coucher », a expliqué Éric Paradis devant la cour mercredi.

Un homme triste

C’était la première fois que M. Paradis entendait de tels propos provenant de l’accusé. Bien qu’avant cette soirée le meurtrier allégué avait déjà traité Isabelle Lavoie de « vache », il n’avait jamais vu l’accusé aussi en colère.

Il le définissait plutôt comme un homme triste depuis la séparation initiée par Mme Lavoie le 24 août 2016.

« Il disait qu’elle avait brisé sa famille », a-t-il dit.

Les deux témoins ont admis devant la cour ne pas avoir appelé les policiers au cours de la nuit du 12 au 13 septembre 2016, pensant que Maxime Labrecque irait se coucher avec ses deux enfants, comme il leur avait dit.

Mercredi, les trois derniers témoins présentés par la Couronne ont été entendus.

En tout, ce sont 18 témoins qui se sont présentés devant le jury pour la preuve de la poursuite.


♦ Le procès se poursuit vendredi l’accusé Maxime Labrecque pourrait témoigner.