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La tranquillité d’esprit d’abord

Jake Gardiner raconte pourquoi il a refusé l’offre du Canadien

Après avoir porté l’uniforme des Maple Leafs durant huit saisons, Jake Gardiner
a accepté l’offre des Hurricanes, au début de septembre.
Photo d'archives, AFP Après avoir porté l’uniforme des Maple Leafs durant huit saisons, Jake Gardiner a accepté l’offre des Hurricanes, au début de septembre.

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RALEIGH | Pendant quelques semaines, l’idée de voir Jake Gardiner porter l’uniforme du Canadien en a fait saliver plus d’un. Plusieurs voyaient en ce défenseur gaucher de 29 ans le partenaire idéal pour Shea Weber. Celui que l’organisation recherche déjà depuis quelques saisons.

Convoité par plusieurs formations, l’Américain a finalement choisi de s’entendre, le 6 septembre, avec les Hurricanes de la Caroline sur les modalités d’un contrat de quatre ans qui lui rapportera 4,05 M$ par saison.

Quelques jours plus tard, au tournoi de golf lançant le camp du Tricolore, Marc Bergevin et Geoff Molson ont souligné avoir soumis une offre au clan Gardiner. Selon les rumeurs, elle était un peu plus généreuse que celle des Hurricanes.

« Oui, le Canadien m’a fait une offre », a reconnu le défenseur, rencontré dans le vestiaire des Hurricanes, mercredi, en fin de matinée.

Le bouc émissaire

Sans entrer dans les détails financiers, Gardiner a fait comprendre que l’aspect salarial n’avait rien eu à voir avec sa décision.

« C’était le choix le plus facile, a indiqué cet ancien choix de premier tour des Ducks. La météo est clémente, l’équipe est bonne et ma femme m’a dit qu’elle serait heureuse ici. »

Mais encore ? Devant un peu d’insistance, Gardiner a fini par sauter dans le vif du sujet.

« Le marché a assurément joué dans la balance. Tant qu’à choisir un marché semblable à celui de Toronto, j’y serais resté », a-t-il poursuivi.

Il faut dire que la dernière saison, et particulièrement la dernière ronde éliminatoire, ne fut pas de tout repos pour Gardiner. À l’image de Patrice Brisebois chez le Canadien il y a une quinzaine d’années, Gardiner était devenu le souffre-douleur des partisans des Leafs.

Chacun de ses mouvements et chacune de ses décisions étaient épiés. S’il avait le malheur de commettre un revirement coûteux, on demandait sa tête.

Dans le septième match contre les Bruins, il s’est trouvé sur la patinoire pour trois des cinq buts des Bostoniens. Même si la rencontre était disputée au TD Garden, les réseaux sociaux ont explosé.

Malgré tout, lorsqu’on lui demande si la situation était devenue lourde, il préfère ne pas trop ajouter d’huile sur le feu.

« Ce n’était pas si mal. Il faut simplement que tu t’habitues. Ça faisait huit ans que je jouais pour les Leafs. Alors, j’étais habitué », a-t-il insisté.

Néanmoins, cela ne l’a pas empêché de choisir la tranquillité d’esprit d’un marché comme la Caroline plutôt qu’une fournaise comme celle de Montréal.

En mettant Gardiner sous contrat, les Hurricanes venaient donc couper l’herbe sous le pied du Canadien. Possiblement une douce revanche pour Donald Waddell, après avoir vu Bergevin tenter de lui soutirer Sebastian Aho à l’aide d’une offre hostile.

« Ça s’est passé très vite. Le fait que les Hurricanes égalent l’offre m’a permis de mettre cet épisode derrière moi rapidement », a lancé Aho à propos de cet épisode du mois de juillet.

« C’est certain que c’était une situation un peu stressante, mais j’ai quand même bien dormi. Parce que j’étais en Finlande, je n’étais pas au fait de toute l’attention médiatique que cette situation a provoquée », a-t-il poursuivi.

Aho heureux du dénouement

N’empêche qu’en acceptant l’offre, Aho a été un membre du Canadien pendant près de 24 heures. Quand même étrange quand on y pense.

« Ce n’était pas une décision facile [d’accepter l’offre du Canadien]. D’ailleurs, ce fut l’une des plus difficiles de ma vie. Maintenant, avec le recul, je suis content d’être ici, que l’histoire ait connu ce dénouement, a-t-il soutenu. Je suis surtout heureux d’avoir pu amorcer le camp dès le premier jour, contrairement à d’autres joueurs dans la ligue. »

Là-dessus, son agent Gerry Johannson et lui peuvent assurément remercier le Canadien, sans qui les négociations ne se seraient probablement pas déroulées à un rythme aussi accéléré.