/news/currentevents
Navigation

Tuée avec une violence inouïe

Son ancien conjoint pendant 15 ans n’aurait eu aucune pitié en lui infligeant près de 30 coups de couteau

Tuée avec une violence inouïe

Coup d'oeil sur cet article

SAINT-HYACINTHE | Son ex aurait brisé la vitre de la porte pour poignarder à mort la femme craintive de lui qui venait à peine de changer la serrure.  

C’est ce qui ressort des témoignages entendus depuis lundi au procès de Maxime Labrecque, accusé de meurtre prémédité de son ex-conjointe Isabelle Lavoie à Saint-Hyacinthe le 13 septembre 2016.    

«J’ai jeté un coup d’œil vers la fenêtre d’Isabelle et j’ai dit : ‘‘Ah non. Il l’a fait’’. J’ai entendu un râlement et j’ai couru dans les marches. J’ai composé le 911», a raconté avec beaucoup d’émotion Guy Gélinas, le voisin d’Isabelle Lavoie et concierge de l’immeuble situé sur la rue des Seigneurs Ouest.   

  

Des traces d’ADN de Labrecque ont été trouvées sur le manche du marteau utilisé pour fracasser la vitre de la porte d’entrée.
Photo Courtoisie de la Cour
Des traces d’ADN de Labrecque ont été trouvées sur le manche du marteau utilisé pour fracasser la vitre de la porte d’entrée.

Même si M. Gélinas avait changé la serrure de la porte quelques heures avant le drame, cela n’aurait pas empêché le présumé meurtrier de fracasser avec un marteau la fenêtre de la porte et d’entrer dans le cinq et demi qu’il avait habité pendant huit ans.    

Près de 30 coups de couteau  

La pathologiste venue mentionner les circonstances du décès d’Isabelle Lavoie a expliqué lundi que la victime aurait reçu près de 30 coups de couteau.    

Temporal droit, menton, cou, aisselle, perforation du poumon, du cœur : le présumé meurtrier de 37 ans n’aurait eu aucune pitié pour l’éducatrice en milieu familial, a soutenu la pathologiste Liza Boucher devant les 12 jurés.    

Les photos de la scène de crime déposées en preuve depuis le début du procès par les deux procureures de la Couronne démontrent la brutalité du meurtre. (Nous avons choisi ne pas publier ces photos, qui témoignent d’une violence qui est difficile à supporter.)    

Elle avait peur  

À l’arrivée des premiers policiers, la victime baignait dans une mare de sang dans sa chambre à coucher. Trois couteaux ensanglantés ont été trouvés dans l’appartement.    

«Quand c’est auto-infligé, il va souvent y avoir des plaies d’hésitation. Dans le cas présent, on a beaucoup de dispersion, on a beaucoup d’endroits qui ne sont pas typiques pour des plaies qui sont auto-infligées», a révélé Mme Boucher.   

Le 13 septembre 2016, Maxime Labrecque aurait fracassé la vitre de la porte pour entrer dans l’appartement.
Photo Courtoisie de la Cour
Le 13 septembre 2016, Maxime Labrecque aurait fracassé la vitre de la porte pour entrer dans l’appartement.

Quelques jours plus tôt, Isabelle Lavoie avait exprimé sa peur à des amis, a-t-on appris hier. Elle mentionnait notamment qu’elle avait l’impression que l’accusé la surveillait.    

Elle avait aussi raconté à son voisin «que quelqu’un venait frapper la nuit dans sa porte et ses fenêtres».    

Elle avait d’ailleurs décidé de couvrir ses fenêtres de gros rideaux opaques pour éviter que Labrecque puisse la voir.    

Un incident survenu deux semaines avant le meurtre lui a donné raison. Un patrouilleur de la SQ surveillant le quartier a surpris un homme vêtu d’un chandail à capuchon qui rôdait près de l’immeuble de Mme Lavoie. Le policier l’a alors interpellé. Sur sa carte d’identité : Maxime Labrecque.    

«Mes questions semblaient le déranger», a-t-il déclaré hier.    

♦ Un autre procès en lien avec de la violence conjugale, celui d’Ugo Fredette, se poursuit aujourd’hui à Saint-Jérôme. Ce dernier devrait témoigner.