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Un supporteur des Hells Angels désarmé

Le Death Messengers voulait retrouver son permis

FD-MECHOUI-HELLS
Photo d'archives, Agence QMI Le requérant fait partie des Death Messengers qui comptent parmi une douzaine de clubs supporteurs de la bande de motards criminels des Hells Angels au Québec.

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L’un des nombreux motards qui ont perdu leur permis d’armes à feu parce qu’ils soutiennent ouvertement les Hells Angels devra faire une croix sur la saison de chasse.

Marc Baribeau, un membre des Death Messengers, a mordu la poussière lundi dernier en tentant de faire infirmer la décision rendue à son endroit par le contrôleur des armes à feu, qui relève de la Sûreté du Québec.

Pas moins de 82 membres de clubs supporteurs des Hells Angels, comme M. Baribeau, se sont vu révoquer leur permis d’armes à feu en 2018 au motif qu’ils font activement partie « d’une bande de motards hors-la-loi ».

Le requérant, qui a admis avoir des antécédents judiciaires en matière de stupéfiants, de violence conjugale et de voies de fait contre un agent de la paix, n’a pas nié qu’il est membre des Death Messengers et il entend le rester.

Supporter les Hells

Ce résident de la Mauricie n’a pas nié non plus avoir été présent lors de plusieurs rassemblements de membres ou de sympathisants des Hells Angels depuis 2013. Sur sa veste, il arbore un écusson avec l’inscription « Support Trois-Rivières » en référence au chapitre trifluvien des Hells Angels.

Mais selon lui, les Death Messengers « ne sont pas des hors-la-loi ou des bandits ». L’homme qui souhaitait pouvoir récupérer ses armes de chasse a même comparé son club aux Blue Knights, un club de moto constitué de policiers et de retraités des forces de l’ordre.

« Outil de promotion »

De plus, il a soutenu que la révocation de son permis et de ceux des autres motards « constitue une vengeance des policiers aux nombreuses libérations de Hells Angels des accusations devant les tribunaux » comme dans l’opération SharQc, a résumé le juge Trudel dans sa décision.

Le magistrat a écarté ses arguments en estimant que la révocation de son permis n’était « pas déraisonnable » dans les circonstances.

« Il est de notoriété publique et de connaissance judiciaire que les Hells Angels constituent un groupe de motards se livrant à la criminalité organisée, notamment en matière de trafic de stupéfiants », a rappelé le juge.

Aussi, les Hells se livrent « à des activités de promotion » et les clubs supporteurs comme celui dont fait partie Marc Baribeau « constituent un outil de cette promotion », a-t-il insisté.

Le juge a ajouté que « le nombre de clubs de motards supporteurs [des Hells] a proliféré depuis quelques années ». On compte environ 200 de ces membres répartis dans une douzaine de bandes, d’après la SQ.