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Bob Gainey: la sainte paix

GEN-
Photo Agence QMI, Steve Madden Bob Gainey a participé mercredi à la soirée-bénéfice Hockey 911, organisée par la Fondation de l’Hôpital général de Montréal.

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C’est comme si 20 ans s’étaient envolés. En voyant Bob Gainey entrer dans la salle, plus costaud d’une trentaine de livres, avec son sourire réservé et timide, c’est le Bob que j’avais tant aimé avant les bagarres de la direction générale du Canadien, que je retrouvais.

– Comment ça va, Bob ?

– Ça va super. J’ai enfin trouvé le moyen de ralentir un peu, a-t-il répondu en français.

Sans même y penser, on a continué en français. Gainey n’a pas oublié puisqu’il a gardé une résidence à Westmount et qu’il vient passer de longs moments de l’année à Montréal : « Une de mes filles vit à Montréal et je viens la retrouver. J’ai toujours aimé la ville », de préciser Gainey.

On était à la Taverne 1909 pour une soirée organisée par la Fondation de l’hôpital général de Montréal. Honnêtement, c’était fabuleux de retrouver Gainey, Serge Savard, Yvan Cournoyer, Scotty Bowman et plusieurs autres. Sans compter les médecins qui ont tenu le fort pendant les grandes années... et les plus modestes. Les docs David Mulder, Eric Lenczner et ceux qui assurent la relève.

Pour vous dire, le docteur Mulder doit subir un remplacement du genou. Je l’ai rassuré, il va gambetter. Et Eric Lenczner m’a opéré au genou par arthroscopie. Ça crée un lien, mettons.

DU BÉNÉVOLAT À PETERBOROUGH

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu Bob Gainey aussi détendu. Faut dire qu’il aura vécu sa part de jours noirs et qu’il aura occupé des postes de haute tension.

« Mais là, c’est fini. Je me partage entre trois villes. Je passe du temps à Peterborough où je suis un conseiller senior bénévole. Les Petes, où j’ai joué mon junior, ont traversé des moments difficiles. Sur la glace et aux finances. Ils m’ont demandé de venir leur donner un coup de main. Ça me fait plaisir. Je passe du temps à ma résidence en Floride et le reste, c’est à Montréal », de résumer Gainey.

Je le sentais calme, serein. Je me suis permis une toute petite question :

– Dis-moi, es-tu heureux ?

– Moi ? Oui. Je suis heureux. Oui.

Il n’a pas répondu en faisant des pirouettes. C’était posé, réfléchi. C’est Bob Gainey qui répondait, pas un danseur de tango...

Pis, le reste... ça compte-t-y vraiment ?

Dans le calepin

Félix Auger-Aliassime
Photo AFP
Félix Auger-Aliassime

Félix Auger-Aliassime s’est fait torcher par l’Allemand Alexander Zverev hier à Pékin. Deux sets faciles. Trop de doubles fautes. Moral qui a baissé trop vite. Ce n’est pas grave, c’est le métier qui rentre. Quand tu affrontes un top 5, des choses comme ça arrivent. Faut juste être patient, le temps que Félix apprenne la vraie vie chez les pros...

Après quelques années, j’ai réussi à enfin lire mes courriels au Journal avec l’aide de Jocelyn, un brillant gars du service technique. J’ai passé quelques heures à nettoyer les courriels. Il m’en reste encore 14 891 à lire. J’adore, je retrouve enfin les vrais fefans... à 100 par jour, même en ajoutant les nouveaux arrivés, je devrais terminer vers le 9 avril. À temps pour les séries...

Je reviens dans quelques semaines, le temps de me faire remplacer une hanche.

Bowman : une LNH à 40 équipes

Scotty Bowman a 86 ans. Il en fait 15 de moins. Il n’a pas changé d’un iota. Toujours aussi allumé, toujours fouineur, presque blette à force de vouloir tout savoir.

Comme ça arrive souvent, c’est lui qui a posé le plus de questions.

– C’est étrange de voir que les Expos pourraient revenir à Montréal avant les Nordiques à Québec. Comment ça s’explique ?

Après, on a parlé de sa biographie écrite par Ken Dryden. Faut vous rappeler que Kenny Dryden a écrit un des trois meilleurs livres de sport que je n’ai jamais lus : The Game. Un livre racontant une saison des Glorieux des années 70.

En fait, ce n’est pas vraiment une biographie. Dryden a demandé à Scotty de choisir les huit plus grandes équipes qu’il ait vues de son vivant. Le livre s’articule autour de ces huit équipes. À la fin, Bowman choisit sa plus grande formation. Il me l’a dit, mais je respecte l’embargo : « Ken m’a appelé il y a trois ans. Il m’a parlé de son projet. Ça ne m’intéressait pas vraiment. Il a persévéré et finalement, j’ai accepté de me mettre au travail avec lui. Il m’appelait les mardis et jeudis et les sessions duraient deux ou trois heures. On a suivi cet horaire pendant cinq mois. Je suis très heureux du résultat. » Comment est la traduction française ?

De ce que j’ai lu, c’est bien fait.

RETOUR DES NORDIQUES

« Les gens de Québec ne devraient pas désespérer. C’est simplement une question économique. La Ligue nationale va compter 40 équipes dans dix ans. Et en plus, il y a au moins trois concessions qui pourraient déménager. Ils ont sauvé les Islanders en construisant un nouveau building, mais Arizona, la Caroline et les Panthers vont finir par bouger. Ce sont les joueurs qui vont l’exiger. Ces équipes font perdre des dizaines de millions en revenus aux joueurs et ils sont très mécontents », de reprendre Bowman.

Scotty est branché chez les propriétaires, son fils Stan est directeur général des Blackhawks de Chicago, Steve Yzerman à Detroit et Julien BriseBois le tiennent au courant de ce qui se passe.

D’ailleurs, Bowman vit à Tampa et assiste aux matchs du Lightning. Vous voyez ce que je veux dire...